CHAPITRE NEUVIÈMÉ
Société anonyme la « Société du Sacré Cœur de Jésus ». Naturellement il n’accepterait comme membres de cette société chrétienne que des Juifs, des gens actifs, sérieux, aptes aux affaires. Alors commenceraient les réalisations. On construirait une douzaine de grands hôtels, autour du lac, à mi-flanc de ia montagne: huit Allemands, deux Anglais, un Italien, un Slave. Un Français? Non, ce dernier ne réussirait pas. Les Français sont des païens; ils ne viendraient pas. On ajouterait une série d'auberges pour les pèlerins, des sanatoria et de ravissants chalets. Au milieu s’élèverait une basilique qui éclipserait celle de Bartolo Longo. On creuserait dans le roc une route circulaire autour du lac, qui deviendrait une piscine Où seraient guéries toutes les maladies.
Des miracles! Il n’en était pas en peine. Le premier venait de se produire, sous les yeux de toute une foule. Combien Lourdes comptait-elle de miracles par an? L’inepte bluffeur de Pompéi en avait le record. Il aurait donc chaque semaine son miracle. -
C'est le côté industriel qui importait le plus. L'eau du lac pouvait s’exporter, par quantités énormes, réduisant à rien la concurrence de l’eau du Jourdain et de celle de Lourdes. Des oliviers sacrés fleuriraient autour de la basilique et se débiteraient à prix d’or, feuille à feuille. Toute la pacotille pour les pélerins, les souvenirs et les rosaires seraient fabriqués sur place. À une demi-heure du village, il y avait, entre des rochers, un plateau avec une cascade. On y établirait l'usine qui aurait ainsi sa force motrice naturelle. On ferait venir des contremaîtres de Saxe...
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