CHAPITRE DIXIÈME
À son réveil, le douanier était à son chevet. Le malade se sentait assez dispos, sans fièvre. Il essaya de se lever, mais chancela et dut se recoücher. Aloys Drenker lui dit:
— Àl est près de midi. Je vais voir ce que devient le déjeuner. Vous devez avoir faim. |
Oui, il avait terriblement faim. Il jeta un regard autour de ui. Son lit occupait un des côtés de la . petite chambre, une armoire basse, ornée de hiboux empaillés, lui faisait vis-à-vis. Quelques chaises et une table complétaient le mobilier. Aux murs s’entassaient de vieux sabres, des pistolets, des mousquetons, des pipes et des poires à poudre.
Aloys Drenker apporta un bouillon, un poulet, des œufs et une boutgille de vieux vin rouge. Il dit fièrement:
-— J’ai tout préparé moi-même!
Il était content de voir le malade manger de bon appétit.
— Maintenant ïil faut que je sorte, déclara-t-il. Promettez-moi de rester couché, bien tranquille.
Frank Braun promit. La fièvre le reprit. Il avait de courts sommeils et se réveillait, baigné de sueur. Vers le soir, il se calma. La nuit, de nouveau, il s’agita et ne put dormir. Puis il resta quelques jours sans connaissance. Quand il revint à lui, le douanier était en train de lui mettre sur le front des compresses froides.
* Aloys Drenker lui apprit qu'il avait eu de grosses inquiétudes à son sujet et avais dû chercher deux fois le prêtre.