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CHAPITRE DIXIÈME

Tous Continuèrent à chanter.

: Rencontrant à la porte le jeune Ulpo, il le saisit par . | le bras.

: — Que se passe-t-il?

its Le gamin le regarda, étonné.

f= | — Nous vénérons la sainte!

. Les gens se pressaient sur l'escalier, dans la salle É commune. Raimondi versait de grands verres de lait et ie | de sirop de framboises qu’on lui payait en pièces de e-| nickel.

ni : Frank Braun lui cria:

3 — Où est Térésa?

n-| = Raïmondi se contenta d'agiter la tête, sans avoir 4 Pak de comprendre. Une femme jeta un regard haineux à À lAllemand et dit:

je — La sainte est en haut.

ce | Frank Braun gravit l'escalier en criant: 2 | Laissez-moi passer!

| Les gens continuèrent à chanter, sans bouger. He - 1 lutta, à chaque pas, se frayant péniblement un passage. “4 Le chant avait cessé. Dans le murmure indistinct À d'une prière, il reconnut la voix de Pietro. Des bribes de E phrases parvenaient à ses oreilles: «Gloire à l’Agneau!.…. Une grâce nouvelle. Le doigt du Seigneur!»

1 — Faites-moi place, siffla-t-il.

1 Enfin, il se trouva devant la porte de Térésa. La À chambre, transformée en chapelle, était pleine de gens : $ agenouillés, lui laissant ainsi la vue libre. En face de

l’image de la Madone, on avait accroché au mur celle de

saint François et, devant toutes deux, brûlaient de gros cierges. La fenêtre, fermée, était tendue de draps blancs, en forme de baldaquin, sous lequel Térésa était étendue sur un fauteuil de jonc. <

La lumière était si diffuse que ses yeux durent s’accoutumer, d’abord, avant de pouvoir distinguer les détails. Il aperçut enfin la jeune fille, mi-assise, micouchée, les yeux fixés sur le crucifix que l'Américain lui présentait. À ses pieds était accroupi le sourd-muet Gino. Elle portait une robe blanche qui ne laissait voir que les pieds et les maïns nus, où s’épanouissaient les saints stigmates.

Pietro Nosclere s’agenouilla, baïsa les blessures sanglantes des pieds et chacun, à son tour, l’imita. Girolamo Scuro mamtenait l’ordre, de toute sa force de géant. La foule patiente montait, redescendait l'escalier, reg'agnait la rue.

Frank Braun sentit une maïin se poser sur son épaule. C'était le valet Angelo qui lui apportait de Ia part de l’aubergiste les clefs de sa chambre. Frank Braun retrouva son intérieur, tel qu'il l'avait laissé. Il s’approcha de la fenêtre. Le soir tombait. La multitude attendait sagement la permission d'entrer.

Il sentit son sang battre dans ses artères. Ses pensées tourbillonnaient. Quelque chose de grand venait de s’accomplir. Par lui? Malgré lui? Il ne savait pas. Mais cela était. C'était un miracle. D’autres suivraient, certainement.

Il s'assit, prêtant l'oreille aux prières qui montaient doucement, en un murmure lointain, confus et berceur.

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