CHAPITRE ONZIÈME
veux fermés, Île crucifix aux doigts. Gino
siégeait. là, les était aceroupi à $es pieds. À sa droite se tenait le prophète, flanqué de Seuro; à sa gauche, le vieil Ulpo, tout
| cassé.
| __ Il a l'air d'une chandelle éteinte, remarqua Frank Braun.
Le côté gauche de l’estrade était rempli par les - musiciens que dirigeait le tailleur Ronchi; le côté droit cars, le cierge en mains ;
par une douzaine de Jeunes le bossu Ratti
devant eux, tandis qu'ils chantaient, battait la mesure avec son sabre.
Le cantique terminé, Matilda Venier monta Sur
l'estrade pour dire son àme. Carmelina Gaspari la suivit.
Elle s'accusa d'avoir autrefois Frank Braun songeait:
__ Pourvu que Térésa ne dise pas Son âme!
calomnié la sainie.
Elle ne bougea pas, n’entr’ouvrit même pas les paupières.
La femme Venier poussa en avant la petite Fiamenfant escalada l’estrade, baissa la tête, joignit les mains, se mit à prier tout haut, puis débita le petit discours qu'on lui avait appris. Elle confessait sa faute qui était orande. Conçue dans le péché, elle devait la vie à Aloys Drenkier, un ivrogne, Un pécheur, un fils de Satan. Heureusement qu’elle et sa mère étaient sauvées, grâce à lAgneau. Aussi jusqu'à la mort continueraient-elles à combattre le diable. Hélas! son père route du ciel. Elle adjurait
metta. Sans hésiter l
| n'était pas encore sur la
donc ses chers compagnons de R sauvé par la vertu de la croix.
rier pour lui afin qu'il
| vienne à Jésus et soit
Frank Braun cracha, la bouche aïmère et murmura :
— Les murs eux-mêmes devraient en vomir de dégoût!
Il fixa Térésa. Pas un trait de çon visage ne bouseait. Ienorait-elle ce qui se passait autour d’elle ?
Tour à tour, un garnem ent, Ratti, Maria Grazia, la fille d'Ulpo, dirent leur âme.
Frank Braun songeait:
Quelqu'un ne se lèvera-til pas pour raconter qu'il a tué le chat?
Non, pour des Chrétiens, ce n’était pas un péché.
Térésa fit un geste de la maïn et prononça quelques paroles, à voix basse. L'América ain, le vieil Ulpo, Scuro et Ronchi tendirent l'oreille puis acquiescèrent de Ia tête. Le tailleur s’avançca et déclara que, pour finir, on chanteraïit le cantique du Carême.
Alors Frank Braun quitta Ja grange, dans le dessein d'attendre Térésa dehors et de lui parler, seul à seule.
La foule, ayant chanté les Sept Strophes du cantique, se décida à sortir. Térésa passa la dernière, pieds nus, S'appuyant lécèrement de la main gauche à l'épaule du petit sourd-muet. Elle se dirigea immédiatement vers la maison du prophète, accompagnée de Celestina, Maria Grazia, Matilda Venier et de quelques hommes. Pietro Nosclere s’en venait derrière, en causant avec son valet.
Frank Braun lui barra la route, du coude écarta le valet puis, saisissant l'Américain au bras, lui dit, très calme : | |
— J'ai à te parler, Pietro. Va-t’en, Scuro!
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