CHAPITRE ONZIÈME
Elle s'agenouilla, se redressa, joignit les mains, les étendit ainsi que le prêtre, prononçant le Dominus vobis- Cum. Enfin elle retomba à genoux, y demeura longtemps.
Frank Braun ne la quittait pas des yeux. Sans aucun doute elle était en plein état visionnaire. Il ressaisit ses pensées et, les dirigeant comme on fait d’un bon coursier, partit à toute allure vers le pays des apparitions où vivait Térésa.
Prosternée au jardin des Oliviers, elle priait avec le Sauveur. Son visage reflétait toutes les tortures terrestres qu'endura le Fils de Dieu, ses tentations d'homme, son horreur de la souffrance et de la mort. Elle priait, de toute son âme, et s’affranchissait des angoisses humaines, par la vertu de la prière. À genoux, elle était présente au martyre du Christ, depuis son arrestation à Gethsémani jusqu'à son crucifiement.
Elle se souleva sur les genoux et retomba en arrière. Elle resta étendue, les bras en croix, les pieds nus, l’un sur l'autre, comme cloués. Elle se retourna de nouveau, dans la posture de la Mère de Dieu, assistant aux affres de son divin Fils.
Elle ressentait toute l'agonie du Christ. Une terrible angoisse s’empara d'elle. Son visage blémit, tandis qu’à ses pieds et à ses mains les marques sacrées devenaient plus ardentes. Ses ongles bleuirent, ses lèvres sèches S’ouvrirent, ses cheveux se dénouèrent, une sueur froide mouilla les boucles brunes. Des pleurs tombèrent, goutte à goutte, des yeux fixes. D’autres larmes, toutes rouges, perlèrent à son front. Un sanglant diadème ceignit sa
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