CHAPITRE ONZIÈME
: Pietro Nosclere s’effraya. Ti se mit à celaquer des É dents, mais ne fit pas un geste. L'accès était passé.
à Quelques minutes plus tard, Térésa releva la tête. 1 s’agenouilla dans une nouvelle contemplation. Son visage : était serein, ses yeux ouverts semblaient suivre quelque chose qui se mouvait autour d'elle. Alors, elle se redressa, resta debout, les regards au ciel. Ses prunelles se révul- Sèrent jusqu'à disparaître sous des paupières. Elle étendit ses mains lentement, en présentant les paumes.
# - Frank Braun l’observait passionnément. Il murmura: Î — La vision s’est évanouie. Elle entre en extase.
Une joie radieuse éclaira les traïts de la jeune fille. Comme si elle eût voulu presser sur son cœur, déborndant d'allécresse, toute la création, répandre sur le monde tout son bonheur, elle ouvrit largement les bras, les referma d’un geste fort, décidée, semblait-il, à ne plus 1 lâcher ce qu'elle serrait. Sa face rayonnait de béatitude, Sa poitrine se soulevait, dans le bienheureux frisson de l’embrassement.
Elle s’éleva sur la pointe des pieds, touchant à peine le sol. Elle parut planer. Tout en elle l’emportait vers les hauteurs. Elle chanta, à voix basse: «<Envolons-nous vers la joie éternelle! »
Frank Braun se repaissait de la ravissante apparition.
— 1 J'étais peintre! murmura-t-il.
I n’y avait là plus rien d’humain!
Les gouttes de sang brillaient sur le beau front, telles des fleurs de grenadier. Les boucles noires tombaïent sur les épaules nues; la robe blanche, tachée, çà et Jà, de sang, flottait ainsi qu'un nuage clair sur lequel
le soleil, à la fin (de sa course, jette, en un adieu suprême, le sang de son cœur.
Soudaim, sans transition, Térésa tomba de tout son haut. Ses yeux se fermèrent et ses mains se tordirent, comme cherchant un appui. Son corps, étendu à terre, se Courba en arc, ne reposant plus que sur les pieds et l'arrière de la tête. Ses pauvres membres se convulsèrent. Ce fut la crise classique, dans son paroxisme. Enfin elle se jeta à genoux, poussa un cri terrible, s’arrachant les cheveux à pleines poignées. L’épouvante, le désespoir s'inscrivaient Sur sa physionomie. Elle s'écria: « Oh! l’abîme, l'abime! >» Elle rampa à quatre pattes, se blottit dans un coin comme une bête traquée.
De longues minutes elle resta ainsi, sans bouger, puis Sa respiration se régularisa, son visage se rasséréna.
Le petit sourd-muet se glissa jusqu’à elle, doucement, s agenouilla et saisit, à deux mains, un pan de sa robe blanche.
Térésa revint à elle. Ses yeux ne s'ouvrirent pas, mais elle avança la tête, comme si elle regardait lenfant à travers ses paupières closes. Ses joues s’empourprèrent, ses lèvres se disjoignirent, ‘un sourire voluptueux se joua sur son visage. Elle étendit les bras vers l'enfant, comme vers un bel ange. Elle se renversa, la tête légèrement appuyée contre le mur. Ses seins se gonflèrent, un léger frémissement la parcourut et doucement Son Corps se souleva tandis que ses jambes s’écartaient, sous les voiles blancs. Sa bouche dessina un baiser puis exhala un profond soupir de bonheur.
Frank Braun regardait Térésa, ces memibres relächiés,
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