‹ L'apprenti sorcierChapitre 168 sur 249 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

toujours en arrière de lui, Frank Braun, jamais en avant.

Quand la lutte pour la vie obligea les premiers animaux à quitter les eaux pour la terre, l'élément liquide représenta certainement, pour eux, l'idéal. Quand les nocturnes durent surmonter leur effroi de la lumière, afin d'échapper à la faim, les ténèbres leur apparurent comme un bonheur et la clarté comme une calamité. C'était l'éternel mensonge du «bon vieux temps». Toutes les créatures devaient redescendre pour être heureuses. L’extase, le stade le plus bas de la conscience humaine, donnait ainsi le bonheur suprême.

Hélas! la connaissance anéantissait tous ces bonheurs!

Et Frank Braun, possédé de l'esprit libre, affligé du mal de la connaissance, avait le cœur brisé pour toujours!

Quelque chose d'irrésistible attirait Frank Braun vers l'érésa. Il alla frapper à la porte de la jeune fille. Il entendit des chuchotements, puis le bruit de la clef dans

la serrure et Carmelina Gaspari lui ouvrit, une bougie à

la main.

— Que voulez-vous, Monsieur? murmura-t-elle.

— Donne-moi ta bougie!

Il s’approcha de Térésa, éclairant le dit.

Par terre, sommeillait Gino. La sainte reposait, dans un sommeil profond.

Elle était belle comme la Mère de Dieu et, de ses traits, rayonnaient la paix et le bonheur.

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