CHAPITRE DOUZIÈME
tions spirituelles qui étaient devenues leur pain quotidien. Le soir, quand tout le village venait chercher, à la maison de Raimondi, la sainte, pour la conduire à la grange, il entreprenait ses plus folles randonnées à travers la vallée de Scodra. On fut obligé de choisir,
Pour cet instant de la journée, les jeunes gens les plus
lestes du village. Ceux-ci ne purent se rendre à l’Assemblée, ce qui les vexa beaucoup, surtout leur chef, le jeune Ulpo.
Un soir, en quittant la maison, Frank Braun s’approcha de lui et, lui désignant le pie qui
dominait le plateau du Calvaire, lui dit:
— Tu vois, mon brave, c’est là-haut que nous allons grimper. Cinq heures de marche! Cela vous convient-il? Ulpo leva les yeux vers la montagne, sans répondre.
— Écoute-moi, poursuivit l'Allemand, faisons la Paix. Vous n'aurez plus ‘besoin de courir après moi, j'irai avec vous à l'assemblée aujound'hui, demain, chaque jour, si vous voulez, mais à une condition, c’est que vous me répondrez quand je vous adresserai la parole. Cela m'ennuie de vous voir, attachés à mes talons, Comme des ombres muettes.
Le jeune paysan se retourna pour conférer avec le Condonnier Ratti, debout sur le seu il. Ratti haussa les épaules, cracha, mordilla sa moustache grise. N’était-ce PaS un péché emave que de parler au Tentateur? Il était indispensable d’en référer au prophète.
À ce moment Térésa sortit de la maison.
— Sainte sœur, lui dit le jeune Ulpo, monsieur veut Venir à l'assemblée. .
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