‹ L'apprenti sorcierChapitre 172 sur 249 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

satisfait, les zébrures sanglantes de sa chair que couvrait déjà une croûte noirâtre.

— Dimanche prochain, poursuivit-il, le sang Coulera de nouveau dans une grande bataille contre Satan.

— Eh! bien, ça nous changera un peu, conclut Frank Braun en riant.

Le prophète avait soigneusement préparé cette bataille. Frank Braun s'y intéressait fort peu et n’éprouvait aucune envie d’y assister. Le traité qu'il avait conclu avec ses surveillants n’avantageant que ceux-Ci, il résolut de le rompre. Il patienta jusqu'au soir et déclara. tout de go, qu'il n'inait pas à l'assemblée et qu'il allait se promener avec eux. Il rit sous cape en voyant leurs

i mines atterrées.

| Tous se mirent à le supplier. Il les laissa faire, puis É céda et consentit à rester dans sa chambre, en remarquant que la moitié d’entre eux suffirait à le garder. Les gars tirèrent à la courte paille. Six d’entre eux partireni Joyeusement. Les autres, parmi eux Ulpo, restèrent, l'âme désolée. Trois se postérent sous la fenêtre et les | trois autres devant la porte.

3 Frank Braun s'assit à son bureau, écrivit à don | Vincenzo une longue dettre qu'il déchira, puis à Aloys Drenker une autre qu’il déchira également.

À | On frappa à la porte.

: — Entrez! cria-t-il.

| C'était Ulpo et les deux jeunes gens en faction

a — ARR ren à T 244 L'APPRENTI SORCIER à dans le couloir. Ils prièrent Frank Braun de les laisser parler, par la fenêtre, à leurs camarades. Alors ils crièrent aux autres de monter et Ulpo déclara que quatre d'entre eux pourraient aller à l'assemblée. Les | deux autres suffiraient, l’un devant la porte, le second , devant la fenêtre.

__ Allez-y donc tous les six, dit Frank Braun. Je vous promets de ne pas mettre le pied dehors. : Ils n’eurent pas confiance. Ulpo prit un vieux jour- É nal et déchira six morceaux de papier, quatre orands À

et deux petits. Ils tirèrent au sort. Ulpo eut encore un des petits bouts. Ses yeux s’emplirent de larmes et, Sans mot dire, il reprit sa faction devant la porte. Frank Braun l’entendait arpenter le couloir en soupirant.

Une heure passa, puis une autre.

Il descendit assez tard pour le diner, appela les deux jeunes gens et les invita à sa table. Pasquale mangea; Mais Giovanni Ulpo ne put avaler une seule bouchée. Il ne toucha même pas à sa tasse de lait.

__ Tous y sont allés, tous, sauf nous! murmura-t-il. Frank Braun sortit de sa poche une pièce d’une

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