‹ L'apprenti sorcierChapitre 177 sur 249 · L'ART · texte numérisé non relu

L'ART

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Nous sommes tous d’humbles pécheurs Pourtant Jésus est mort pour nous!

Satan rôde autour de nos cœurs Pourtant Jésus est mort pour nous!

Debout! Courons aider FPAgneau! > La paix et le bonheur nous attendent là-haut. E. Jésus divin est mort pour nous! 4

Es répétèrent trois fois le couplet, avant que l'assemblée ne le reprît en chœur, puis tout le monde hurla les mêmes paroles, frappant des maïns, battant la mesure avec les pieds, avec une obstination furieuse de brutes déchaïnées.

Frank Braun les observait. Le rhythme accéléré de cette musique décuplait la frénésie de la foule. D'où

È venait ce mystérieux pouvoir?

Certes, la musique est une émanation de l'au-delà.

à Elle n’est que forme, jamais matière, et elle suscite des

7 | milliers d'images, représentatives de toutes les émotions possibles. Cependant ce n’est qu'un vague fantôme de | vie intérieure, sans aucune réalité.

À ceux qui croyaient en elle, elle donnait le bon-

| heur, de même que l'ivresse et la volupté.

| | La voix du prophète arrachaæ Frank Braun à ses réflexions. Pietro prononçait une allocution brève. I] affirma qu'il fallait combattre Satan avec les armes

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mêmes du Rédempteur et pria ceux qui le désiraient de s’avancer.

Les douze jeunes gens posèrent leurs cierges à terre, dépouillèrent vestes et chemises, décrochèrent du mur, leurs fouets et leurs disciplines, s’agenouillèrent devant le Christ et burent le sang de l’Agneau que leur tendait le prophète.

Alors, ils levèrent le bras et restèrent un moment immobiles. Le taïlleur donna le signal. La musique se remit à Jouer, les lanières tombèrent sur les corps nus. Au même instant, retentit dans la salle le cantique des blessures:

Regardez l’Agneau sur la croix, Voyez ses plaies et ses blessures Qui saignent toutes à la fois.

Puisons la foi dans ses tortures!

Blessés les pieds, blessé le flanc!

Blessés les mains, le front sanglant!

Soyes bénies, saintes blessures!

Ils ne se frappañent pas eux-mêmes, mais se rendaient réciproquement Ge pieux service, sans pitié, sans égards, tout à la gloire du Seigmeur. Ils roulaïent les yeux, leurs bustes se tordaïent sous la violence des coups. Ils levaient les jambes en cadence, bondissaient, viraient, dansaient sur place.

Frank Braun regarda Térésa. Redressée sur sa chaise-longue, la tête et le corps penchés en avant, elle ne quittait pas du regard les pieux danseurs. Gino était toujours accroupi à sès pieds. De temps à autre,

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