‹ L'apprenti sorcierChapitre 22 sur 249 · CHAPITRE PREMIER AR · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER AR

Laissez-donc votre neveu chercher le bonheur, 1à où ül croit le trouver. Pourquoi souhaiter que cette flamme s’éteigne, faute d’aliment? Pourquoi ne pas y jeter, au contraire, tout ce qui peut brûler, afin qu’elle darde ses langues rouges vers le ciel, au-dessus de Ia vallée, jusque dans les nuages?

Le vieillard répondit, en hochant la tête:

— C'est très beau, cher docteur, ce que vous dites là; mais mon pauvre neveu n'y comprendra goutte.

— Qu'a-t-1l besoin de comprendre, pourvu qu'il arrive à créer, quil puisse pétrir ses montagnards, en une seule masse, comme Alferi de Padoue. Ce que je veux avoir, don Vincenzo, c’est la bête énorme et puis- | sante. Je vous assure que je saurai bien lui apprendre + -- à mordre!

+. Le vieux prêtre se signa:

— Dieu nous en préserve!

+ L'Allemand s'inclina vers lui, par-dessus Ia tabie: + — En êtes-vous bien sûr, monsieur le curé: fit-il à- d’une voix sifflante. Eh bien, on frappera à une autre ( - L’ecclésiastique se leva brusquement.

— Qu'osez-vous dire là? s’exclama-t-il bouleversé.

Aucune réponse ne lui fut faite. Ses mains trem- blaïient, ses lèvres frémissaient. Il essaya de contenir — son émotion et les yeux grand ouverts il reprit: -

— Me permettrez-vous de vous poser une question, monsieur le docteur?

— Faites!

— Qui êtes-vous, en fin de compte?

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