CHAPITRE DEUXIÈME
— Tu es valet ici?
— Oui.
— Je t'avais prié de me conduire à l'auberge de Raimondi.
— C'est ici
— Comment tu es le domestique de Raïmondi et tu prétendais ne pas savoir où il demeure?
L'homme eut un rire niais. Il répéta:
— Je ne suis pas du pays.
Et il disparut dans l’étable, d'où partit le joyeux bêlement d’une chèvre.
Frank Braun pénétra dans la maison et appela. Personne ne vint. Il s’approcha de la fenêtre, considéra le lac, puis regarda du côté de la rue. Pas une âme! Il patienta un moment, appela de nouveau. En vain!
Cet imbécile de valet l'avait peut-être induit en erreur. :
Il ressortit, se promena dans les ruellos étroites, examinant des intérieurs déserts, à travers les portes et les fenêtres ouvertes. Partout le vide et le silence! Seul, un grand chien noir, couché en travers de la rue, le contempla de ses prunelles curieuses.
— C'est ’un village ensorcelé! pensa-t-il.
Une rumeur confuse frappa ses oreilles; peu à peu il distingua des chants, le son nasillard d'un accordéon avec, de temps à autre, un bruit de tambourins et de triangles.
__ Le concert de l'Américain, remarqua-t-il. Tout le village est chez lui aujourd'hui. Iraï-je?… Non,
pas cette fois,