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CHAPITRE DEUXIÈME

n'avait aucune envie de s’égosiller, il traça quelques lisnes sur une feuille de papier.

Raimondi mit ses lunettes épela chaque mot, dévisages Frank Braun, par-dessus ses lunettes, et interrogea:

— Vous voulez rester deux mois au Val di Scodra? Vous avez besoin de deux pièces? Vous voulez loger chez moi ? -

Frank Braun dui hurla dans l'oreille:

— Oui, oui, oui!

Raimondi se gratta la tête et dit:

— Je comprends très bien. Un moment, monsieur, excusez!

1 passa sa veste, étalée sur le banc.

— Voilà, continua-t-il. Vous voulez rester ici? Deux mois? Combien voulez-vous payer?

— Combien demandez-vous?

Tous deux rentrèrent dans la maison, s’attablèrent et l'aubergiste commença les négociations.

— Que demandait le monsieur? Deux chambres à la

fois? S'il y tenait absolument, eh bien, on s'arrangerait!

Et pour le petit déjeuner, que voulait-il? Des œufs aussi? Soit, deux œuis.

Comme il entremêlait ses discours de quelques mots allemands, Frank Braun lui parla dans cette langue. Le vieux ne saisit pas très bien. Il avait tout oublié avec les années. Jadis, quand il était dans les chasseurs impériaux, il savait encore! Sa défunte femme était une Allemande, de Brixen. Et sa fille, Térésa, parlait aussi bien l'allemand que l’empereur luimême. Dieu le protège! … Il faut chercher mes malles, dit Frank Braun.

— Des malles? Alors il avait aussi des malles? Et où étalent-elles? Sur la grand’route là-haut? Eh bien! le valet les redescendrait en allant chercher le courrier. Plaît-1? Oui, c’est moi, le maître de poste.

Il ouvrit un tiroir, en sortit une poignée de cartes postales et de timbres. |

— Voyez-vous, c’est le bureau de poste du Val di Scodra.

Il appela le valet:

— Angelo, Angelo! Va, avec le mulet chercher les malles que la vieille Sybilla garde sur la route.

Le valet se dirigea vers l'écurie. Frank Braup lui Cria:

— Pourquoi n’es-tu pas allé à l’assemblée?

Je ne suis pas d'ici.

— Je m'y attendais, fit l'Allemand en riant. Tu mênes ta vie à part!

Il suivit l’aubergiste au premier étage, pour visiter les chambres.

Trois pièces donnaïent sur le lac dont une seule paraissait habitée. Frank Braun choisit celle-là et la chambre contiguë.

— Qui demeure ici? demanda-t-il.

Une image de la Madone ornaïit la muraille, entre un bénitier et une lampe ardente, comme celles qui brûlent jour et nuit dans les églises. Des branches de buis frais étaient fichées dans le cadre.

— C’est ma fille qui loge ici, répliqua l’aubergiste, mais elle déménagera.

— Parfait!

conclut Frank Braun.

Ar.

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