‹ L'apprenti sorcierChapitre 35 sur 249 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

— Bois, cochon! lui cria l'Allemand.

Le douanier sursauta, le visage empourpré de colère et de honte. Mais devant le regard souriant et tranquille de l'étranger, il se contenta de lui porter une santé.

Frank Braun lui rendit raison. Il déposa sa guitare sur le banc pour boire plus à son aise.

— Encore quelques bouteilles, réclama-t-il.

L’aubergiste se leva en titubant et, pour la huitième fois, rapporta des bouteilles de la cave. Puis il sortit sans un MO, sans un signe d'adieu. On l’entendit rentrer dans sa chambre et tomber lourdement sur son lit.

Les deux autres continuèrent à boire. Ils ne parlaient plus, ils buvaient. Frank Braun levait son verre, avec l’aisance d’un homme à jeun. Le douanier s’affala pesamment sur la table, la tête en avant.

Frank Braun se leva en riant et se dirigea, sa guitare sous le bras, vers la fenêtre. D'épais nuages parsemaient le ciel et, en trouées, la nouvelle lune passait son mince croissant qui jetait sur le lac une pâle lumière.

Il demeura longtemps assis sur l'appui de la fenêtre. Machinalement il ramena la guitare à lui, caressa les cordes, en accords légers. Sa voix s’éleva, mélancolique et douce, dans le silence de la nuit. Ce furent des chan: sons bretonnes, filles de l’océan, toutes pleines de solitude et de désirs:

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