‹ L'apprenti sorcierChapitre 38 sur 249 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

En ramassant son veston, il remarqua ses mains. Elles étaient zébrées de griffures. Il se regarda dans la glace. Son visage était égratigné à plusieurs places.

Il ferma les yeux, passa la maïn sur son front, nosant plus interroger sa mémoire. Puis il murmura, envahi d’une sensation d’indicible souffrance:

— Pourquoi me mentir à moi-même, Je ne puis plus oublier.

IT s’étonna de monologuer à voix haute et remarqua :

— N'est-ce pas l'habitude de tous ceux qui vivent trop souvent seuls ?

Il ajouta, la voix cinglante, comme s’il eût voulu se fouetter lui-même:

— Finissons-en! Comment cela s'est-il passé?

Et il arracha les souvenirs de son cerveau, lambeaux par lambeaux.

Il avait aperçu le rayon de lumière à la troisième fenêtre. Vite, il courut vers la maison, escalada les marches de pierre, grimpa au premier, dans sa chambre, se déshabilla hâtivement, passa son pyjama et sortit.

Sur le pas de sa porte, un violent courant d'air le frappa au visage, en lui renvoyant son haleine qu’empestait l'alcool. Alors obéissant au respect de soi-même que donne l'éducation, il rentra, se brossa les dents, se lava le visage et les mains, puis ressortit, à pas dents.

Arrivé devant la pièce où reposait la jeune fille, ïl eut un instant d’hésitation, un léger frisson d'angoisse.

Page 1