CHAPITRE QUATRIÈME
Frank Braun répartit :
— Ce n’est pas ton affaire. C’est moi qu'il venait voir. 1
— Je ne veux pas qu'il vienne ici. Non, je ne veux pas, hoquetait-elle en tremblant, et, s’approchant de Frank, elle lui saisit le bras.
| Il la regarda fixement. Elle tressaillit et balbutia, comme en S’excusant :
— Il a le mauvais œil!
Frank l’attira à lui, l’assit doucement sur ses p'enoux.
Elle voulut parler; mais il lui fit signe de gardèr le silence. Il appuya sur sa poitrine la tête de la jeune fille, d’un geste vif et continu lui caressa les tempes. Elle ne se défendit pas; respirant doucement, elle resta étendue sur la poitrine du jeune homme.
Du bras gauche il la maïntint contre lui, accélérant de la main droite les passes magnétiques, la pénétrant du regard. Soudain les cils s’immobilisèrent autour des grands yeux bleus qui s’ouvrirent tout larges. Il eut un Mouvement de Joie. Il la mit debout. Elle resta dans la position qu'il lui avait donnée. Il 6e leva, lui prit les bras, les mains. Tous les membres demeuraient souples, obéissant à son impulsion. De grosses larmes emplissaient les yeux de la cataleptique. Il lui piqua le bras avec une aiguille. Elle resta insensible. Cette expérience lui suffisait. Il lui ferma les paupières. Les yeux de Ia jeune fille se rouvrirent à moitié, la prunelle révulsée, les paupières frémissantes. Elle laissa tomber
la tête ; de légers sanglots s’échappèrent de sa gorge.
Ferté + Re GRIS nn De 7720
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L'APPRENTI SORCIER Frank Braun lui souleva le bras qui retomba lourd. |
Il lui prit le coude, chercha le nerf, le pressa fortement. &
Aussitôt les muscles se contractèrent, la main $e erispa. à — Léthargie, murmura-t-il. Continue, mon enfant:
I n’est pas bon d’avoir une volonté à sol.
Il la força à se rasseoir et alluma une cigarette. l
Tout en la regardant, il pensait : | — Comme c'est étrange. J’ai l’air d'être le sorcier.
Et, pourtant, je sais bien que je ne suis pas la force;
c'est toi, ma petite. Quoi que j'entreprenne avec bol ou
avec l'Américain, ce fou que tu détestes, ce sêra tou-
jours votre force qui agira et non la mienne. Je ne
puis que penser, vous autres, vous agissez. La science
prétend que vous êtes de pauvres malades. Sans doute à
a-t-elle raison! Elle cherche à vous guérir. Je ne suis |
pas -médecin. Votre maladie est une force que Je veux
| utiliser Si Je puis.
de. | Il soupira, jeta sa cigarette et poursuivit: L. — C'est-à-dire si je veux, Qui sait si demain vous |
m'intéresserez ‘encore ! Est-ce qu'il vaut. vraiment la
peine de vous faire danser, pauvres marionnettes ? Car
ds
vois-tu, mon enfant, sur la scène où je suis le maître
LUF QUES a e + + re