‹ L'apprenti sorcierChapitre 60 sur 249 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

droite sur la tête, la caressa légèrement de l'index. Térésa ferma les yeux, respira profondément.

Pour se convaincre qu'elle en était à la troisième phase de son sommeil léthargique, Frank Braun procéda à quelques expériences. Un léger attouchement suffisait à faire contracter et détendre les muscles de la Somnambule. Il Jui donna des ordres qu’elle exécuta.

Avant de se décider à la réveiller, Frank Braun, Sans bien croire au succès, tenta une dernière expérience. Il lui sugcéra d'ouvrir les yeux tout grands et, Sans tran$ition, approchant son visage de celui de la jeune fille, il la fixa d’un regard aigu. Elle rougit. les pupilles démesurément ouvertes. La tenant toujours Sous Son regard, il lui prit le pouls: 125 pulsations. Elle semblait rivée à son regard. Il recula. La jeune fille le Suivit, la tête en avant, les épaules hautes, les bras pendants, de visage inexpressif, les lèvres kerrées. Il n'y avait en elle qu’une pensée : suivre la lumière des

yeux de Frank Braun.

Le plus étrange, c'est qu’elle avait maintenant COn- Science d'elle-même.

| Frank Braun lui pinca le bras, la piqua avec un Couteau, si font que Île sang coula. Elle le savait et n'en ressentait aucune douleur.

Frank Braun, plein de joie, murmura :

— La voici en extase. Quel merveilleux sujet !

Il Jui prit la tête, lui souftla légèrement sur les yeux. Elle se réveilla aussitôt. Toute rigidité disparut. Son visage retrouva sa mobilité, Elle parut étonnée et demanda :

D re ETES

— Que m'as-tu fait ?

—— Tu le sais bien, répondit-il, en étanchant, d’un baiser, le sang de ses blessures. Est-ce que cela t'a causé le moindre mal?

— Non, pas du tout! Mais pourquoi cela?

— Pourquoi? qu'importe ! N’ai-je pas le droit de faire de toi ce que je veux ?

Elle Iui baïsa les mains.

— Oui, tout ce que tu veux !

Frank Braun songea :

— Avec ta permission, celle de ton père et celle

de ton confesseur. C’est vraiment touchant.

Mais il garda cette réflexion pour lui et dit tout haut : |

— Merci! Tu es très gentille. Un de ces jours tu viendras avec moi chez l'Américain, n'est-ce pas?

Elle baïissa les yeux sans répondre, hésita, luttant contre elle-même et finit par répondre :

— Oui! |

—— Armurais-tu enñcore de la volonté? dit Frank Braun à voix basse.

Il d’attira à soi, lui passa légèrement la main sur la tête, sur le visage, sur les bras, sur la poitrine, cherchant une place hypnogène. Il en trouva enfin une,

à la face interne du pouce gauche, la pressa rapidement.

La jeune fille s’endormit.

— Maintenant elle est bien ma chose! pensa-t-il et, lui soufflant au visage, il la réveilla aussitôt.

__ Dis donc, remarqua-t-il d’un air dégagé, j'ai une faim de loup. N'y a-täl rien à manger ce soir ?

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