I— II
II y a toujours une pari il inconscient dans les conceptions de l'esprit, et aussi dans leur exécution. On peut essayer de définir cette part en prenant exemple du cheminement obscur accompli pendant le sommeil par nos recherches et nos préoccupations de la veille. Qui na pas éprouvé ce phénomène habituel d'une pensée à létal inquiet et trouble, qui se trouve clarifiée par le sommeil, mise à point comme si ses éléments en désordre s étaient classés, ordonnés d'eux-mêmes au cours de ïa nuit reposante ?
Cela se passe ainsi sans doute pendant la veille comme pendant le sommeil, à tous les instants de notre vie, sans que nous connaissions formellement ce qui s'anime en nous, en vertu des influences que nous subissons, et par la force particulière de l'individu que nous sommes. Devant la page blanche, la plume en main, F écrivain tire de son encrier, peut-être la même façon de penser, mais à coup sur une forme, une nuance, un développement différents de ceux qu'il en aurait tirés un autre jour, ou à une autre heure du jour. Combien de pages projetées ont été perdues, combien