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CHAPITRE II

La révolution industrielle

Tournons la page de l'histoire. Nous entrons dans le xix^ siècle. Voici la machine à vapeur. De l'autre côté, l'homme et le cheval ; de ce côté-ci, le cheval-vapeur. Avant, l'outil ; maintenant, la machine-outil. A côté du pain noir, voici, dès la seconde moitié du siècle, la « houille blanche », la force électrique. Le travail à la machine remplace le travail à la main. Autrefois, de petits ateliers; aujourd'hui, de grandes usines. Les capitaux se sont coalisés. Les artisans disparaissent devant les ouvriers. C'est toute une révolution industrielle et, par suite, toute une révolution de l'apprentissage.

Le cheval-vapeur

C'est en 1827 que le Français Seguin inventait la chaudière tubulaire. Avec 40, 80, 120 tubes, la chaudière de Seguin allait produire des quantités énormes de vapeur grâce à l'augmentation considérable de la « surface de chaufïe ». C'était donner des poumons à la machine à vapeur « à simple

effet » de Papin et à la machine « à double effet » de Watt. C'était créer la véritable machine à vapeur.

Jusqu'alors, la machine à vapeur n'avait guère été utilisée que pour élever l'eau, comme pompe à feu. Désormais elle pouvait faire la conquête du monde industriel.

Cette conquête fut rapide. Dès 1829, l'Anglais Stéphenson applique la chaudière tubulaire à sa célèbre Fusée, la première locomotive digne du nom. Bientôt, les premiers chemins de fer (Angleterre : ligne de Liverpool à Manchester, 1830 ; France : ligne de Saint-Étienne à Lyon, 1832), commencent à remplacer diligences, chevaux, postillons et apprentis postillons, dans le service des voyageurs. De même, les premiers bateaux à vapeur — qui n'avaient d'ailleurs pas attendu l'invention de Seguin, témoin la fameuse Folie-Fulton (1807) (i) — commencent à remplacer voiliers, matelots et mousses dans le transport par mer des passagers et des marchandises. Voilà le départ.

Et voici l'armée des chevaux-vapeur à l'assaut des usines. En 1830, il y a, en France, 625 ma-

(i) Le premier bateau à vapeur avait été construit par Papin en 1707. On sait que les bateliers du Wéser, menacés dans leur gagne-pain par le bateau mécanique, le mirent en pièces. De Papin à Fulton, les plus remarquables essais de navigation à vapeur furent tentés par le marquis de Jouffroy sur le Doubs (1776), et la Saône {ly^z)-

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