‹ L'apprentissage - hier, aujourd'hui, demain. --Chapitre 14 sur 69 · LE CHEVAL-VAPEUR · texte numérisé non relu

LE CHEVAL-VAPEUR

chines à vapeur, représentant une force de 65.000 chevaux. En 1854, il y en a 13.700, ayant une force de 170.000 chevaux. En 1871, après la perte de l'Alsace-Lorraine, il y en a 26.000, ayant une force de 315.000 chevaux-vapeur: Aujourd'hui, l'industrie française emploie près de 100.000 machines à vapeur, ayant une force d'environ 2 millions 1/2 de chevaux-vapeur. Et si l'on totalise la force des machines à vapeur des usines, des chemins de fer et des navires, on obtient la formidable somme de 10 millions de chevauxvapeur.

La colossale quantité de travail que peuvent fournir ces 10 millions de chevaux de fer est à peine imaginable. Si le calcul que faisait Michel Chevallier, à propos de l'Exposition de 1867, est exact, ils représentent 300 millions de chevaux de chair, cent fois le nombre des chevaux de France. Que sont, à côté d'eux, les pauvres manèges des manufactures d'autrefois ?

Et que seraient les milliers d'esclaves, de serfs ou de manants qui construisirent les Pyramides, les cathédrales gothiques ou la machine de Marly ? Si l'on admet, en effet, qu'un cheval peut faire le travail de 5 hommes, nos 10 milUons de chevauxvapeur représentent 1.500 millions d'hommes !

Encore n'est-ce point tout. Il y a le bataillon des moteurs : moteurs à gaz, à pétrole, à alcool, moteurs électriques, enfin.

C'est peut-être, comme la houille noire, lo millions de chevaux-vapeur que fournirait la houille blanche de nos chutes d'eau des Alpes, du Jura, des Vosges, des Pyrénées, du Massif central, etc. Déjà 575.000 sont utilisés.

Comment ne serions-nous pas, selon le mot de Jules Guesde, les « fils du cheval-vapeur » ?

Les machines-outils

« La vapeur a créé les machines-outils (i). » Les dates correspondent. A partir de 1825, nos ateliers commencent à se peupler de machines, qui façonnent les métaux et le bois (2). Les contemporains sont émerveillés. Villèle lui-même annonce « une révolution dans le monde commercial ».

(i) A. Picard, Rapport général sur l'Exposition de i88ç, t. VII.

(i) Les dates de naissance — qui précèdent naturellement celles de l'entrée dans les ateliers — appartiennent à l'époque des tâtonnements pour les machines à vapeur. En 1800, Brunel invente une machine à faire les poulies ; en 1802, Joseph Bramah construit des machines à raboter et à planer le bois ; Hubert des machines à forer et à mortaiser (1814-1816) ; Roguin prend en 181 8 un brevet concernant un appareil à faire les moulures, les rainures et les languettes, etc. — Quant aux machines-outils pour métaux, la plupart semblent avoir vu le jour à la fin du xviii* siècle dans les ateliers de Watt, à Soho, en Angleterre.

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