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CHAPITRE V

L'enseignement technique

Après la guerre de 1870, quand on cria aux villes et à l'État : « La décadence de l'apprentissage ruine l'industrie ", les villes et l'État répondirent : « Créons des écoles professionnelles ! » Alors Paris ouvrit son École Diderot pour le travail du bois et des métaux (1872). Huit ans après, par la loi de 1880, l'État décidait la création des écoles d'apprentissage.

Cependant, telle est l'importance de l'apprentissage pour l'industrie, que l'on n'avait pas attendu la crise pour ouvrir des écoles professionnelles.

Les premières écoles professionnelles

La première en date est celle des Arts et ^Métiers de Châlons-sur-Marne. Son origine remonte à la fin du xviii^ siècle. Jean-Jacques Rousseau avait enseigné à Emile que « savoir se servir de ses mains est une supériorité dans toutes les circonstances de la vie » ? Peut-être est-ce sous cette influence que le duc de La Rochefoucault-Lian-

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court, colonel d'un régiment de dragons, ouvrit, en 1876, à Liancourt (Oise), dans sa ferme de la Montagne, une école oi!i les jeunes enfants de ses sousofficiers trouvaient, « à côté de l'enseignement élémentaire, la pratique des métiers manuels ». Trop petite bientôt, l'école fut transférée à Compiègne et, sous la Révolution, déclarée nationale, sous le nom de « Prytanée français ». Les élèves étaient destinés aux arts mécaniques. L'apprentissage durait trois ans. Il y avait cinq ateliers, où les élèves faisaient la journée de huit heures : i^"" atelier : forgerons, ajusteurs, tourneurs sur métaux ; 2* atelier : fondeurs ; 3* atelier : charpentiers et menuisiers ; 4^ atelier : tourneurs sur bois ; 5^ atelier : charrons (i).

En 1803, après une tournée dans les villes industrielles du Nord, Bonaparte résolut de relever le niveau des études du Prytanée :

J'ai trouvé partout, dit le Premier Consul, des contremaîtres distingués dans leur art, d'une grande habileté d'exécution, mais presque aucun qui fût en état de faire un tracé, un calcul le plus simple d'une machine, de rendre ses idées par un croquis, par un mémoire ; c'est une lacune dans l'industrie ; je veux la combler. Ici on formera des contremaîtres pour nos manufactures (2).

(i) Minist. du Commerce, Enquête sur l'enseignement professionnel (1865), t. II.

(2) Minist. du Commerce, Rapports et notes (1865).

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