‹ L'apprentissage - hier, aujourd'hui, demain. --Chapitre 47 sur 69 · ECOLES DEPARTEMENTALES ET MUNICIPALES I · texte numérisé non relu

ECOLES DEPARTEMENTALES ET MUNICIPALES I

couture, confection, lingerie, broderie, corsets, repassage, buanderie, cuisine ;

l'école d'Alembert (menuiserie et imprimerie), installée à Montévrain (Seine-et-Marne), pour les enfants assistés, maltraités ou moralement abandonnés du département de la Seine (i).

Les écoles exclusivement fondées, entretenues et administrées par les communes, sans être aussi nombreuses que les écoles pratiques, sont plus nom^ breuses et plus importantes que les écoles départementales. Parmi les plus anciennes et les plus connues, il faut citer :

les écoles La Martinière, de Lyon : une pour les garçons (1833), une pour les filles (1879) ; trois ans d'études ; environ 850 élèves ;

l'école de tissage et de broderie, également de Lyon (1884) ;

l'école manuelle d'apprentissage de Monthermé (Ardennes), annexée à l'école primaire supérieure, où les élèves suivent l'enseignement général ; cours spéciaux d'ajustage, de tour, de forge et de modelage ;

l'école de tissage de Sedan (1881) : trois ans de cours techniques et de cours pratiques ;

(i) L'Institut industriel du Nord serait une école de cette catégorie si elle n'était une école supérieure délivrant le diplôme d'ingénieur civil, où il ne s'agit plus d'apprentissage au sens ordinaire du mot.

136 l'enseignement technique

l'école Salicis, à Montluçon (1884) : école élémentaire de travail manuel préparatoire à l'apprentissage ;

l'école de chimie et de teinture de Saint- Étienne (1898) : deux ans d'études;

l'école industrielle des Vosges, annexée au collège d'Épinal (1871), et qui prépare les dessinateurs, des directeurs de filatures et de tissages ;

l'école de menuiserie, charpente, coupe de pierre et mécanique, de Troyes : cours professionnels installés dans une école maternelle;

l'école professionnelle de Bourg (1882), qui reçoit les garçons du cours complémentaire, les filles des premières divisions, des apprentis de la ville ; menuiserie, tour, ajustage, forge, couture, coupe, lingerie, etc. ;

l'école professionnelle de Tulle, petite école qui reçoit les enfants à leur sortie de l'école primaire, les garde pendant deux ans, leur enseigne le dessin, la menuiserie, la forge, l'ajustage et le tour ;

l'école de tissage de Nîmes (1836) ;

l'école industrielle de Fiers, pour la filature et le tissage ;

l'école régionale des arts industriels de Saint- Êtienne, qui forme des décorateurs, dessinateurs ou metteurs en carte pour l'industrie du ruban, des sculpteurs ornemanistes pour le meuble ou le bâtiment, des graveurs, ciseleurs ou incrusteurs.

ECOLES PRIVEES r37

Ecoles privées

Enfin, à côté des écoles dues à l'initiative nationale, départementale ou communale, il est des écoles professionnelles dues à l'initiative privée.

Les unes (i) sont de véritables « écoles », avec enseignement général, enseignement théorique et enseignement pratique. Les autres, les plus nombreuses (2), ne donnent que l'enseignement théorique (cours professionnels) et l'enseignement pratique (à l'atelier).

Quelques-unes de ces institutions sont fondées dans l'intérêt d'une seule maison (3) ; certaines ne respectent pas toujours l'indépendance ni l'avenir de l'enfant : on y enseigne ja4ousement des « devoirs envers Dieu », des « devoirs envers le patron » ; l'école du Creusot est devenue ainsi la pépinière des « jaunes » se recrutant sur place.

(i) L'École professionnelle Durzy, à Montargis ; l'École professionnelle Hanley, à Choisy-le-Roi ; l'Ecole professionnelle industrielle et commerciale (Institution Bertrand), à Versailles ; l'École Schneider, au Creusot ; les quatre écoles privées d'Aix-en-Provence, préparatoires aux Arts et Métiers et autres écoles techniques secondaires.

(2) Voir la liste des principales à l'annexe B.

(3) École professionnelle réservée aux apprentis de l'imprim«rie Chaix, à Paris ; école d'apprentissage spéciale aux cristalleries de Baccarat ; école spéciale des apprentis électriciens de la maison Mildé et C", à Paris, etc., etc.

138 l'enseignement technique

Néanmoins, à défaut des écoles de l'État, l'existence de ces institutions suffirait à prouver que l'apprentissage n'est point mort en France.

Cours professionnels

Il existe enfin en France une multitude de « cours de perfectionnement » organisés par des syndicats ouvriers, des Bourses du travail, des syndicats patronaux et des sociétés industrielles, des Chambres de commerce, des municipalités ou des associations philanthropiques. Une énumération complète en est impossible (i). Les exemples cités ailleurs (2) donneront une idée suffisante du vaste mouvement d'enseignement professionnel que l'on pourrait susciter en France par la seule continuation, par la seule amplification du mouvement déjà commencé, de tous côtés, vers la vie pratique, l'industrie et la production.

(i) On en trouvera une liste incomplète dans les tomes IV et V de l'Enseignement technique en France, publication du Ministère du Commerce (1900), et dans le Rapport (1903) sur l'enseignement technique à l'Exposition de 1900.

(2) Voir plus loin, annexe C.

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