‹ L'apprentissage - hier, aujourd'hui, demain. --Chapitre 63 sur 69 · LOIS OUVRIÈRES · texte numérisé non relu

LOIS OUVRIÈRES

le Conseil de prud'hommes ou, à son défaut, le tribunal compétent, en cas d'abus graves, pourrait, sur la proposition de l'inspecteur du travail ou de la commission locale professionnelle quand elle existe, ou d'office quand elle n'existe pas, réduire et limiter par jugement le nombre d'apprentis d'un établissement ; en cas de récidive ou après des fautes très graves, il pourrait retirer le droit d'avoir des apprentis pour un temps ou même définitivement.

L'autre sur le contrat d'apprentissage : « Lorsque sera réalisé par la loi et entré dans la pratique l'enseignement professionnel obligatoire, le législateur, en maintenant la liberté de faire des contrats d'apprentissage, exigera, s'il y a contrat, qu'il soit fait par écrit. »

« On n'aura rien fait pour l'apprentissage tant qu'on n'aura pas rétabli le contrat », dit M. Keufer, secrétaire de la Fédération du Livre. D'aucuns réclament, en effet, le contrat obligatoire. Mais ce retour au passé des corporations serait-il bien efficace ?

Mieux vaudrait, comme le réclament les syndicats ouvriers, réduire la journée de travail à la même durée pour tous les travailleurs. Dans ce cas, les industriels auraient un motif de moins pour renvoyer les jeunes gens de moins de i8 ans ou pour ne pas les accepter dans leurs ateliers. Il y a une proposition de loi en ce sens à la Chambre. Elle fixe à un maximum de lo heures la journée de travail des

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ouvriers. La voter serait la meilleure réponse à faire à ceux qui mènent la guerre contre la loi de 1900.

Les syndicats réclament également :

i" l'interdiction du marchandage, l'interdiction d'associer un apprenti avec un ouvrier travaillant aux pièces, parce que l'ouvrier, pour ne rien perdre de son salaire, ne s'occupe pas de l'apprenti ;

2° l'interdiction du travail aux pièces pour l'apprenti ;

3'* la réglementation de l'embauchage des apprentis dans les ateliers dont la nature de la production ne permet pas de leur faire apprendre un véritable métier (i).

Supposons que tout soit organisé et que tout fonctionne bien : écoles techniques, cours de perfectionnement, bourses d'apprentissage, certificat d'études industrielles, contrat écrit et même contrat obligatoire, lois ouvrières, surveillance de l'apprentissage, mesures protectrices de l'apprenti. La crise de l'apprentissage serait atténuée, mais le problème de l'apprentissage ne serait pas résolu.

(i) R. Lenoir, secrétaire de la Fédération des mouleurs en métaux. Mouvement socialiste, avril 1908.

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