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se réadapter. Il faut donc chercher pour cette catégorie de malades une occupation parmi les professions ne demandant ni travail de force, ni apprentissage. Certains malades se trouvent bien alors de postes de concierges, de gardiens de propriété, de garcon de bureau. Dans certains cas on on peut efficacement intervenir auprès des Pouvoirs publics et des chefs d’entreprise pour obtenir, dans le cadre des mêmes services, des changements d’affectation compatibles avec l’état de chaque malade. Malheureusement, on ne trouve pas toujours la compréhension que l’on voudrait ni auprès des hommes appelés à diriger, ni auprès des malades
eux-mêmes.
Un autre ennui provient de ce que les malades acceptés par les écoles de formation professionnelle, et elles sont bien rares celles qui acceptent les plus de 16 ans, se trouvent astreints à la même discipline que leurs camarades souvent beaucoup plus jeunes, d’où abandon fréquent en cours
d'étude ou renvoi.
L'Association Amicale des Cardiaques, pour parer dans une certaine mesure à ces inconvénients, a sollicité et obtenu du Conseil Général de la Seine le vote d’un crédit annuel de 180.000 francs permettant la création de 30 nouveaux postes de travail réservés aux cardiaques dans les ateliers départementaux. Ces 30 cardiaques travaillent, les uns à la
reliure, les autres à la confection de petits tapis d’alfa.
En outre l'Association Amicale des Cardiaques a créé un organisme de travail à domicile. Elle se procure de la
lame à d'excellentes conditions, l’obtenant en tant qu'œuvre
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sociale. Elle confie cette laine à des femmes cardiaques qu! font à domicile des pull-over, chaussettes, brassières, etc. La façon leur est payée à un prix rémunérateur. Les lainages ainsi confectionnés sont vendus au prix de revient dans les matinées récréatrices de l’Association. Plus récemment, LIAN et Mile SICHEL ont obtenu qu’une femme cardiaque, rétribuéedans ce but, vende ces lainages sur le marché qui se tient devant l'Hôpital Tenon. En ne prenant pas de bénéfices, une quantité notable de lainages se trouvent écoulés, et du travail assuré à une vingtaine de
femmes cardiaques.
Il serait désirable de voir cette œuvre se développer beaucoup ainsi que de voir mise sur pied une organisation
analogue de travail pour les hommes cardiaques.
Qu'y a-t-il de fait, que reste-t-il à faire pour la réadapta-
tation sociale des cardiaques?
1. — Il est relativement facile d'orienter et d’éduquer, à Paris, les cardiaques lorsqu'ils sont jeunes, grâce aux ateliers-écoles de la Chambre de Commerce. Mais il est plus difficile d'obtenir pour eux une convalescence assez
longue qui gagnerait à atteindre 6 mois ou mieux | an.
Après une période de repos, la convalescence permet la reprise progressive de l’activité physique, puis vient une période où l'éducation physique sous surveillance médi-
cale peut donner de précieux résultats.
Il serait donc désirable d'obtenir la création d’une maison de convalescence pour enfants cardiaques dans laquelle, après la période de repos total prescrit, ils trouveraient un profëésseur de gymnastique compétent, un centre d'O. P. et des ateliers-écoles pour quelques séries de métier particulièrement recommandés aux cardiaques.
Dans l’attente de cette création, de rares établissements privés reçoivent quelques enfants cardiaques; tels sont entre
autres le préventorium de Chévrières, le préventorium du Prelot, à Champlette (Haute-Saône).
Ce qui est nécessaire pour les enfants cardiaques l’est encore plus pour les adolescents. Ceux-ci, une fois la pé-
riode de convalescence terminée, ne trouvent la possibilité
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d'éducation ou de rééducation fournie aux plus jeunes. Pour eux également une maison de convalescence avec professeur de gymnastique, centre d'O. P. et ateliers
d'apprentissage serait indispensable.
Quant à la convalescence des femmes cardiaques, nous pouvons faire appel à l'œuvre: les Villégiatures du Travail féminin.
Mais pour les hommes cardiaques adultes, bien rares sont les centres de convalescence prolongée et les centres de rééducation. C’est là une grave lacune qui mériterait d'être comblée au plus vite. Il faut également créer des maisons de convalescence prolongée qui constitueraient
aussi des centres d'O. P., des écoles d'apprentissage.
2. — Nous souhaitons, avec LIAN et Mile SICHEL, voir réserver pour les grands cardiaques une proportion importante de places dans les ateliers travaillant pour les administrations publiques: par exemple le raccommodage du linge ou sa confection pour l’Assistance Publique, la con-
fection des crachoirs en paraffine.
3. — Nous souhaitons, enfin, que les cardiaques ayant besoin d’un long repos jouissent des mêmes avantages que les tuberculeux dans les administrations publiques et puissent avoir leur traitement intégral pendant un repos prolongé d’un an, et leur demi-traitement au besoin pendant encore un an.
De cette façon, si un adulte vient à contracter une car-
diopathie valvulaire, ou à entrer d'emblée dans un état
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d'insuffisance cardiaque, ou enfin à être aux prises avec une maladie artérielle (angine de poitrine, hypertension), il aura la possibilité de prendre le très long repos qui iui est nécessaire avant de retrouver sa place dans une adininistration, au besoin dans un poste moins fatigant, et de continuer à assurer l'existence de sa famille. L/Association Amicale des Cardiaques a fait des démarches dans ce but, mais la question est loin d'être résolue.
Tous ces vœux formulés, pour la première fois par LIAN et Mlle SICHEL, sont d’autant plus justifiés que la morbidité et la mortalité des maladies du cœur et des artères augmente dans des proportions importantes. Actuellement ces maladies ont une mortalité plus grande que la tuberculose et le cancer. Elles constituent donc un fléau social redoutable et dont il faut s’efforcer d'enrayer la marche
sans retard.