ÉTUDE DE LA PLANCHE X. — FIGURE EN DEUX ÉTATS
Aer état. — Exécution du dessin au crayon mine de plomb n°4. — Reprise des accents au pinceau avec le brun-rouge. Cette couleur ne doit pas être employée intense.
Les cheveux sont préparés avec un mélange de bleu de Prusse et de sienne brûlée; ce ton est plus ou moins dilué d’eau dans le travail du modelé. Le modelé des chairs est composé d’un mélange d’outremer et de brun-rouge plus ou moins dilué. — Fleurs, carmin et outremer. — Corsage, brun-rouge et outremer. — Fond, bleu de Prusse et sienne brûlée.
2° état. — Brun-rouge et jaune indien pour le ton local des cheveux. — Pendant que cette teinte est humide, on pourra adjoindre
les vigueurs, qui auront ainsi plus de profondeur. Il suffira pour cela de repiquer avec le pinceau tenu d’aplomb un mélange de sienne brûlée et d’outremer.
Le ton local à appliquer sur les chairs sera composé de carmin et de jaune indien. Le cou sera tenu dans un ton ambré. Il suffira pour cela de faire entrer moins de carmin dans le mélange. En ajoutant un peu plus d’eau on obtiendra le ton de la poitrine.
Une teinte plate de carmin et outremer donnera la couleur du corsage et de la jupe.
Différentes teintes plates vives de carmin et vermillon, de jaune indien et bleu de Prusse, donneront la coloration des tulipes et de leurs feuilles. Une teinte plate de jaune indien et de cendre verte pour la tonalité du fond, qui sera exécuté en deux fois : la partie de gauche d’abord; la partie droite s’y reliera par juxtaposition. Par ces différentes opérations on sera conduit à couvrir toutes les différentes surfaces colorées de son sujet, qui doit de la sorte donner l'effet. Alors seulement on pourra s'occuper des accents constituant les traits, en cherchant à rendre l'expression du modèle. Une légère teinte de carmin sur la lèvre inférieure et une pointe de brunrouge pour la lèvre supérieure.
Avec le mélange de l’outremer et du brun-rouge on pourra renforcer le modelé des ombres, mais cela insensiblement, c’est-à-dire toujours avec des teintes légères et le pinceau peu chargé. Quelques accents seront ajoutés ensuite. Ils s’appliqueront en dessous de la paupière supérieure, aux narines et à la commissure des lèvres. Nous laissons à l'initiative du copiste le travail complémentaire du fond et des fleurs.
Nous conseillerons de recommencer cette même étude en s’abstenant de consulter le 1° état et de chercher à rendre au premier coup l'effet obtenu dans le second. Il est évident que dans ce cas on doit faire entrer dans le ton à appliquer une quantité de gris représentée par celle qui figure dans le 1°" état. Car il ne faut pas oublier que les ombres des chairs ne doivent pas avoir un aspect rougeûtre, qui Ôterait tout le charme en détruisant leur transparence et leur finesse.