PRÉFACE XI
Puis, c'est la théorie des couleurs, c’est-à-dire des difjérentes manières de vibrer de la lumière. Avec quelle clarté est exposée la décomposition, à travers le prisme, de la lumière solaire, pour aussitôt ramener toute la chatoyante et variée palette du spectre, de l’arc-en-ciel, aux trois couleurs fondamentales : jaune, bleu, rouge, qui, à elles seules, peuvent suffire à un artiste habile pour reproduire, interpréter la nature sous tous ses aspecls. Puis sc'estele jeu des « complémentaires », la nomenclature des tons chauds ou froids, des valeurs, des mélanges, depuis celui de deux couleurs jusqu'à celui de plusieurs, qui donne des gris si fins, si subtils.
Des planches d'une sage progression et d’une très sufftsante venue illustrent l'ouvrage, en font saisir les démonstrations théoriques et les applications, car la théorie pratique de l'aquarelle a son corollaire en ce qui concerne une série d'utilisations industrielles.
N'allez pas croire que M. Gaston-Gérard entend enfermer ses futurs et nombreux lecteurs dans ses conseils et prescriptions, comme en un lit de Procuste. Loin de là; il veut simplement et sûrement les outiller de moyens et de procédés, en leur laissant toute indépendance de vision et de tempérament. À ce point de vue, son Traité est remarquable; il ne sent pas l’école rigidement doctrinaire ; il est artistique et pratique, ce qui parait aisé à concevoir, mais reste toujours difficile à réaliser.
JOHN LABUSQUIÈRE,
Directeur des écoles d'art appliqué Germain-Pilon et Bernard-Palissy.