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œuvre sérieuse; ces lois, sans être très compliquées, demandent à être étudiées attentivement.
Si nous jetons un coup d'œil sur les flambeaux, par exemple, leurs dimensions proportionnelles seront de 30 à 40 millimètres à la partie supérieure de la tige. Si le chandelier est destiné à un usage domestique, il devra être court et il aura une hauteur égale au diamètre de sa base.
S'il est destiné à être posé comme élément décoratif sur un meuble léger, tel que console, guéridon, etc., de peu de hauteur, on pourra lui donner comme hauteur une fois et demie sa base.
S'il est destiné à une garniture de cheminée, il est nécessaire alors de lui donner une importance plus grande en hauteur, qui accentuera ainsi sa sveltesse; dans ce cas, il pourra atteindre une hauteur égale à deux fois sa base. Il est d'usage aujourd’hui de placer sur une cheminée la pendule de même style que les flambeaux; cette faveur accordée à la pendule ne date pas de bien loin, et il est certain qu'il est beaucoup plus artistique de meubler une cheminée par un bronze ou un objet d’art d’une certaine importance.
L’hospitalité dans un salon est un peu méconnue quand on laisse sous les yeux de l’ami qui vient s’entretenir avec vous une sonnerie qui lui rappelle que le temps s'écoule et qu’il faut en somme qu'il se retire.
Cette mesure du temps exposée sera, d'autre part, plus blâmable si le cadran ne devient qu’un prétexte, c’est-àdire si la composition de l’ensemble attire nos regards en laissant le cadran comme accessoire. Voyez ce char attelé de colombes conduites par Vénus, c’est une des roues du char qui est utilisée comme cadran; il y a douze rayons à cette roue qui représentent les douze heures. Quoi de plus anormal et de plus antiartistique, quel que soit le
prix de la matière employée et la valeur de l’exécution? Ces erreurs nous font regretter le temps où l'horloge était enfermée dans une longue gaine placée sur le sol dans l'axe d’un trumeau ou dans une encoignure.
Les candélabres doivent avoir une base assez large pour éviter à l’œil et à l’esprit toute espèce d'inquiétude. Pour cela, la base sera d’environ les deux tiers de l’écartement des branches. Le développement des lumières sera limité par un arc de cercle prenant le plus grand écartement des branches comme diamètre.
Ces indications nous sont fournies par Henri Havard dans sa Grammaire de l’ameublement, et nous croyons rendre hommage au mérite de cet ouvrage en citant un passage relatif à l’art du métal :
« Avec le fer, le cuivre est le métal le plus employé dans l'habitation. A l’état pur, il sert à la fabrication de cette multitude d'objets qui sont compris sous le nom de quincaillerie, à la confection des ustensiles de ménage, des vases, des garnitures de poêles et de foyer, de fermetures de portes et de fenêtres. Uni à un tiers de zinc environ, il forme le laiton, dont l’élasticité trouve son emploi dans la confection de certains meubles. Mélangé à une proporüuon moindre d’étain, il constitue ce précieux alliage, si fameux dans l'antiquité sous le nom d’airain, et qui, sous le nom de bronze, a conservé chez nous une réputation pour le moins aussi grande. Cette double célébrité, hâtonsnous de le constater, n’a rien que de parfaitement justifié. Les services que le bronze rendit à nos ancêtres des époques préhistoriques sont si grands, si nombreux, si variés, que l'humanité n’hésita pas à donner le nom « d'âge de bronze » à l’une des périodes de ces temps mal connus. À toutes les époques, du reste, cette reconnaissance se traduisit par une vénération spéciale. Selon Pausanias, les habitants de Delphes ne trouvèrent pas de plus belle
-parure pour orner le premier temple d’Apollon, et, depuis lors, les tables de la Loi, les statues des grands hommes, celles des dieux, n’ont pas cessé d’être fondues dans ce précieux métal. De nos jours même, il n’a rien perdu de son prestige. C’est encore l'espoir de nos plus grands génies, d’être après leur mort coulés en bronze. Et dans une note plus modeste et plus calme, comme représentant l’art pur, c’est à lui qu’échoit la première place parmi les métaux employés dans l’ameublement de la maison.
« Cette place, il la mérite par une foule de qualités diverses. Il est à la fois souple et résistant, il convient aux plus vastes ouvrages et aux travaux les plus soignés; sa flexibilité, qui lui permet de prendre toutes les formes, conserve l'empreinte originale de la main de l'artiste.
« Sa contexture serrée est en même temps susceptible d’une grande finesse de travail; sa ténacité présente cet avantage que le statuaire, en le mettant en œuvre, peut se réserver des points d'appui délicats et n’a point à s'embarrasser de ces draperies, de ces rochers, de ces troncs d’arbres qui, dans les statues de pierre ou de marbre, sont indispensables aussi bien pour consolider les figures que pour rassurer les yeux. À ces qualités physiques vient s'ajouter son prix, qui n’a rien d’exagéré, et son poids, qui n'a rien d'excessif. Sa durée enfin est fort grande. Il prend à merveille la dorure, l’argenture, la nickelure, et l’on arrive, par l'oxydation ou par des vernis, à varier à l'infini sa couleur et son aspect.
« La fonte est le moyen de travailler le bronze le plus généralement en usage de nos jours, et celui qui donne les résultats les plus artistiques. C’est en outre le moyen le plus anciennement employé, et quoique Pausanias prétende que Rhéeus fut le premier qui fondit une statue, il est certain que cet art est infiniment plus ancien etse perd presque dans la nuit des temps préhistoriques.