‹ L'aquarelle pratiqueChapitre 43 sur 53 · TANT POINTE AT RIRE NE EP RE ES · texte numérisé non relu

TANT POINTE AT RIRE NE EP RE ES

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« En tout cas, si cette prétention en faveur de Rhéeus fixe au huitième siècle avant notre ère l'introduction en Grèce d’un procédé déjà connu depuis bien des siècles en Asie eten Égypte, il faut avouer que l’Europe occidentale a bien rattrapé depuis lors le temps perdu.

« Nulle part au monde les statues de bronze ne furent plus abondantes qu’en Italie et en Gaule. À Rome, le seul théâtre de Scaurus en renfermait plus de trois mille.

«Les premières pièces fondues furent d’abord des objets pleins; mais bientôt les grands artistes, qui menaient de front l’art et les procédés, et qui étaient non seulement des sculpteurs de premier mérite, mais encore des praticiens de premier ordre, trouvèrent le moyen de ne couler que l’enveloppe de la figure et de réduire leur fonte en une très faible épaisseur. »

Cette dissertation nous conduit à développer les côtés

pratiques qui concernent le moulage, le noyau, la fonte,

le découpage, la ciselure, le montage, l'ajustage, ete.

C'est par la fonte que se reproduisent de la manière la plus directe etla plus prompte les différents éléments qui, comme métal, entrent dans la décoration mobilière.

Nous ne dirons que quelques mots sur le travail du cuivre pris dans la masse et sur le travail en repoussé, genres qui ne permettent qu'un nombre restreint d’exemplaires du sujet. Par la fonte, l'exécution est plus rapide. Il est évident que le moule en creux, destiné à rendre le sujet par la coulée, se trouve détruit pour chaque exemplaire; mais, en somme, la répétition du moulage constitue un travail de main-d'œuvre inférieur au martelage, et surtout au travail pris dans la masse. Nous allons nous étendre sur les différentes opérations qui précèdent la fonte d’une pièce.

Il est nécessaire, tout d’abord, d’avoir un modèle finement exécuté. Supposons qu'une poignée pour meuble

nous soit commandée : c’est, comme nous l’avons dit, par une série de croquis dessinés avec soin que débutera le travail. Le croquis définitif sera accompagné d’une reproduction en plastiline. Tout le rendu des ornementations pourra, par ce procédé, se comprendre sous ses différents aspects et sera soumis à l'acceptation, qui en entrainera le moulage en plâtre. Le modèle ainsi exécuté sera, après réparage, moulé à son tour en sable pour être coulé en bronze. La première épreuve obtenue sur le moulage ne pourra nous donner qu’un objet assez grossier dans ses détails, mais qui, travaillé par le ciseleur, deviendra épreuve originale, et l’œuvre parachevée constitue de ce fait le modèle, qui sera moulé autant de fois qu’il sera nécessaire.

C’est avec un sable gras ayant une consistance pâteuse que s’établitle moule, qui peut être plein ou à noyau. Pour les objets de peu de volume, le moule sera plein. Pour des objets d'une certaine épaisseur, un noyau en terre argileuse laissera un intervalle autour du creux qui représentera l'épaisseur de la fonte.

Quand le modèle, par sa disposition, présente des parties rentrantes prononcées, qui sont désignées par le terme de contre-dépouille, on est obligé de composer le moule par des pièces battues. Il y a un soin judicieux à apporter tout d’abord dans la manière dont le modèle sera partagé, car il est nécessaire de mentionner, sauf pour les objets plats, qu’un moule se compose de deux parties généralement équivalentes, qui représentent deux faces diamétralement opposées. Le modèle est posé sur une couche de sable résistante, mais qui est provisoire ; ce sable battu est maintenu par le cadre ou chappe en fonte muni de deux poignées. À l’aide des outils portant les noms de truelle et spatule, la couche de sable est lissée fermement et trace une coupe momentanée sur le pourtour. Ce travail prépa-

ratoire a pour but de nous permettre de mouler la partie qui est restée apparente; afin qu’elle n’adhère pas au plan que nous avons préparé, celui-ci est saupoudré de poussier de charbon qui est lissé à la truelle. C’est alors seulement que le mouleur pourra, dans tous les creux qui sont trop en retrait, battre des pièces, c’est-à-dire comprimer fortement, à l’aide du pouce et du maillet ensuite, des fragments de moulage, lesquels fragments auront comme forme extérieure des facettes à arêtes vives qui fixeront plus tard facilement son emplacement à retrouver. Quand les différentes pièces nécessaires auront été ainsi posées et que l’on sera sûr que tout ce qui reste ne contient plus de contre-dépouilles, on pourra, après avoir placé une contre-chappe s’adaptant sans jeu sur la chappe, remplir celle-là de sable battu par fractions légères et bien tassé au fur et à mesure afin que l'empreinte soit le plus résistante possible. Il est ménagé des évents, c’est-à-dire des cheminées d’appel qui permettront plus tard l’échappement des gaz et qui, de plus, constitueront un dégorgement pour la première fonte.

L'empreinte de la partie supérieure ainsi obtenue, l’ensemble des deux chappes solidement fixées l’une à l’autre sera retourné etles clavettes enlevées ; le premier dessous qui a servi de lit au modèle sera détruit et laissera ainsi à découvert la partie qui est à mouler. Ce sont les pièces battues dont il faudra s'occuper tout d’abord. La chappe sera remise et sera choisie s’adaptant sans jeu. Elle sera remplie par du sable bien battu; retirée ensuite, elle donnera l'empreinte, qui sera retournée et posée sur deux cales; les pièces seront retirées à l’aide de pointes fines et seront placées dans leur empreinte. Le modèle sera retiré ensuite avec précaution, et l'enlèvement sera facilité par des coups de maillet donnés avec modération. Les pièces battues de la première opération viendront avec et seront

retirées à part pour être replacées dans leur empreinte. Dans les deux épreuves obtenues, les pièces sont enfin épinglées de façon à faire corps avec la partie venue en | simple dépouille. A l’aide de spatules plus ou moins ll recourbées, les joints produits par les juxtapositions des L. pièces sont lissés de façon qu’à la coulée ils ne produisent Î

pas des coutures trop grossières. Une fois les différentes parties de ce creux revues, travaillées dans les détails Î auxquels le sable n’aurait pas donné toute la netteté, le ï moule est conduit à l’étuve, qui, hermétiquement fermée, donne une température assez élevée pour faire partir toute l'humidité du moule, et durcit en même temps le sable, qui devient de la sorte très résistant, tout en gardantune puissante cohésion.

L Le moule est prêt alors à être coulé; c’est un conduit 2 tracé au préalable dans le sable frais qui est évasé en sui- À vant le pourtour d’une échancrure ménagée dans la chappe A qui recevra la coulée, dont le trop-plein ressortira par les évents, lorsque le niveau supérieur sera atteint. | Pour une pièce de petite dimension, son refroidissement se produit au bout de vingt-quatre heures. #4 Le moule est brisé, la coulée et les évents sont abattus, la pièce est décapée, c’est-à-dire grattée, pour en retirer la couche de sable adhérente au cuivre.

Après cette opération, les fragments de la coulée et des Î évents sont enlevés à fleur de la pièce à l’aide du burin, et il en est de même des coutures.

Quand le modèle qui a servi au mouleur est très net, que le moule est fait avec art, que la coulée du bronze s’est trouvée dans de bonnes conditions, la reproduction obtenue diffère peu de l'original, et pour arriver à obtenir la netteté du modèle, le travail du ciseleur n’est pas considérable.

Dans la coulée d’une pièce, on ne réussit pas toujours à

obtenir une masse irréprochable, et il se rencontre souvent ce que l’on appelle des soufflures, produites par les gaz lors de lintroduction du métal en fusion dans le moule. Si ces soufflures ont une trop grande importance, la pièce est à retourner à la fonte; si elles sont légères, de petites dimensions, elles sont taraudées, et une vis de même métal est introduite fortement dans le taraud, dont la tête est abattue et limée de facon à se confondre avec le plan où elle a été vissée.

Voilà, en résumé, les opérations qu’entraîne le moulage d’une pièce de cuivre.

Dans le éravailen repoussé, c'est le marteau qui est l’outil principal. On prend une feuille de bronze, que l’on martelle en s’aidant de la bigorne, qui est l'enclume aidant l’ouvrier à faire prendre au bronze la forme et Le relief que l’on désire ; on a recours, dans bien des cas, pour donner des formes particulières, à des matrices ou fers en relief, et la pression du métal sur les empreintes s'obtient à l’aide du balancier ou du mouton, qui donnent une pression beaucoup plus considérable et moins heurtée que le marteau. Dans ce cas, ce travail prend le nom d’estampage. Le travail au repoussé trouve son emploi dans la confection des plateaux, bassins, masques ou appliques et moulures de meubles, etc.

Le travail de pris dans la masse s'adresse à des pièces relativement plus petites. On prend un bloc de cuivre d’un volume un peu supérieur à l’objet à reproduire, on l’entaille à l’aide d'outils tranchants qui sont le ciseau,. l’échoppe, le burin. Le bloc dégrossi de la sorte, le travail est achevé à l’aide d’outils fins. Cette manière de procéder peut faire voir de grandes qualités artistiques qui ont d'autant plus de valeur qu’il ne peut être fait que peu d'exemplaires d’un même modèle.

Quand une œuvre, par la nature de sa composition, né-

cessite d'être moulée en plusieurs fragments, l'assemblage des pièces séparées prend le nom de montage et'ajustage. Ce sont généralement des vis et des écrous qui réunissent ces différentes parties.

L'industrie du bronze a été très florissante sous le premier Empire. Elle avait pris une extension tellement considérable que le métal, qui doit rester la décoration sobre du meuble, avait envahi celui-ci au point de la rendre lourde et anormale. Les pièces de métal ciselées avec art que nous pouvons encore observer de nos jours et datant de cette époque, nous obligent à constater tout leur mérite artistique; mais le choix de ces applications et leur prodigalité nous font dire que le but a été dépassé, puisque le bois qu’elles décorent n’a plus assez d'importance, écrasé qu'ilest par la masse du métal.

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