‹ L'aquarelle pratiqueChapitre 45 sur 53 · EE — EE · texte numérisé non relu

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Il est transporté par des wagonnets sur voies ferrées et déversé dans les hauts fourneaux, qui sont alimentés par des foyers dont l'intensité calorique est accrue par des machines soufflantes.

Cette haute température liquéfie le minerai, en sépare les corps étrangers, qui sont déblayés à la surface et qui constituent un genre de mâchefer. — Le fer liquide, qui prend le nom de fonte, s'écoule, et par son poids va se placer à la base des hauts fourneaux. — Quand la quantité de métal en fusion est suffisante, on débouche un orifice, qui est rempli de terre argileuse, à l’aide d’une pique, et le métal en fusion s’écoule par une rigole qui le conduit à une série de cavités qu’il va remplir et où il va se solidifier. C’est en plein air que sont aménagés ces creux, qui affectent tantôt la forme d’une plaque peu épaisse et d’une assez grande surface, tantôt une forme allongée et d’une épaisseur du dixième de sa longueur. Dans ce dernier cas, le bloc de fonte prend le nom de gueuse; son poids est d'environ 60 kilogrammes. La fonte ainsi obtenue n’a pas encore les qualités et Les propriétés du fer, et elle est très cassante. Elle est cependant employée par lindustrie pour toutes les pièces coulées, et alors c’est à la fonderie qu’elle retourne ; — par une deuxième fusion elle se purifie, elle arrive de la sorte à une contexture plus serrée, et elle est utilisée pour tous les objets en fonte de fer, tels que poëles, bâtis, fourneaux, marteaux pilons, etc.

Mais si elle est destinée à être transformée en fer, c’est à la forge qu’incombe le soin de la transformer. La fonte à l’état de plaque est martelée ou laminée, corroyée; elle devient de ce fait un fer élastique, résistant, souple et pouvant bien se travailler.

La fonte à l’état de gueuse est forgée sous le marteau pilon. Elle est retirée du foyer, à l’état de rouge-blanc :

c’est un spectacle réellement grandiose que le tableau qui s'offre alors à nos yeux.

« Des hommes demi-nus surveillent le bloc qui est dans la fournaise, et une grue tournante garnie de chaînes soulève la masse aveuglante, pour la transporter par une trajectoire en demi-cercele sur la pesante enclume. Le mar-

tinet qui va triturer ce bloc glisse entre deux grandes .

branches, monte et descend, frappe plus ou moins fort; c’est un enfant qui, la main sur un levier que commande une force hydraulique considérable, fait obéir le colossal marteau ; le contremaitre guide les coups, et par des signes imperceptibles l’enfant comprend le plus ou moins d’importance qu'il doit donner à ses coups. Dix forgerons conduisent ensemble le volume pesant du fer sur l’enclume et obéissent au commandement de leur chef, qui leur fait tourner et retourner la pièce dans tous les sens. — Un immense compas d'épaisseur à la main, le maître forgeron vérifie si le fer a atteint le diamètre exigé par le plan, car c’est un arbre de couche pour une machine motrice d’une force considérable qu’on est en train de forger. La cadence du marteau suit les commandements; les mêmes muscles, dans cette grappe humaine, se contractent dans tous ces torses, et les paillettes de fer jaillissent en gerbes sous des coups répétés, sourds, devenant de plus en plus sonores au fur et à mesure que le métal baisse de température. On observe alors que le rouge-blanc se transforme en rouge-vermillon, orangé, carminé, violacé, gorge-depigeon, gris-ardoise. C’est bien la gamme du spectre solaire que le génie humain a trouvé à son tour, et ces cyclopes modernes ne se doutent certainement pas de tout le respect dont nous sommes pénétrés à la vue de ce rude labeur auquel est redevable la grande industrie moderne. »

Mais revenons aux objets que le fer est appelé à repré-

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