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CHAPITRE PREMIER

Des différentes sortes de papier. — Le papier Wathmann est le plus facile à employer (on le choisira à grain fin). Après s'être assuré de l'endroit du papier, côté sur lequel on lit le nom du fabricant, on le fixera sur une planchette à l’aide de quatre punaises. On peut encore se servir d’un bloc. Le bristol Wathmann est beaucoup plus fin que le Wathmann ordinaire; il ne sera employé que lorsque l'élève sera déjà d’une certaine force, parce qu'il présente des difficultés dans l'application des teintes. On l’emploiera de préférence dans les travaux fins et délicats.

Le papier torchon est un papier à gros grains. Il ne sera utilisé avantageusement que pour le paysage ou pour une figure dont les traits sont nettement caractérisés.

Le papier Artistic Lavis (maison Delagrave) est sans contredit le papier le plus agréable, quoique d’un prix peu élevé.

Des différentes espèces de pinceaux. — Le plus communément employé est le pinceau petit-gris.

Pour le choisir on le mouillera d’abord, puis on l’étanchera. S'il est bon, il formera de lui-même une pointe très fine.

Le pinceau de martre est beaucoup plus ferme. On s’en

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servira pour l’esquisse au pinceau et pour dessiner les parties qui doivent être accentuées en dernier lieu.

Le pinceau plat servira quand on aura à couvrir de grandes surfaces, telles qu’un fond, ou pour passer un ton local sur une certaine étendue. Il permet d’étaler des glacis sans délayer les dessous, même si les tons sont soutenus.

La brosse plate en soie de porc sert à renforcer un fond ou à masser une chevelure; on ne doit pas l’employer pour les chairs.

Dans le cas où une teinte est trop foncée, la brosse plate permettra de retrouver presque le blanc du papier.

Comment on doit tenir son pinceau. — Pour dessiner on le tiendra vertical et plutôt court dans la main, c’està-dire les doigts rapprochés de la pointe.

Quand on voudra représenter des rugosités telles que des surfaces de rochers ou de vieux murs, on couchera le pinceau de manière à ce qu’il n’y ait que sa panse qui effleure les aspérités du papier en laissant blanches les parties creuses. Cette position peut être utilisée pour laver un ciel dont les nuages affectent des formes très déchiquetées, ou encore pour reproduire un gros tissu.

Classification des couleurs en deux tons. — Nous conseillons aux débutants d'employer une boîte d'aquarelle composée de quatorze couleurs moites, en tube de préférence, et disposées dans l’ordre que nous avons donné dans l'énumération. Il faudra avoir soin de remplir entièrement les cases qui doivent contenir ces couleurs, afin qu'il ne s’y loge aucune teinte sale.

Elles sont classées en deux tons : tons chauds et tons froids. Les tons chauds sont les jaunes et les rouges; les tons froids, les bleus et le noir.

Les couleurs d’un ton chaud sont les suivantes :

Ocre jaune. Vermillon.

Ocre de ru. Carmin.

Cadmium. Brun rouge.

Jaune indien. Terre de Sienne brûlée.

Chrome clair.

Les couleurs d’un ton froid sont :

Outremer. Cendre verte.

Cobalt. Noir d'ivoire.

Bleu minéral.

Mélange des couleurs deux à deux. — Mélange des jaunes et des bleus. — Ocre jaune et cobalt donne vert d’eau.

Ocre jaune et outremer donne vert d’eau plus intense.

Ocre de ru avec les bleus donne verts chauds.

Cadmium et bleu minéral donne vert brillant.

Jaune indien et bleu minéral donne vert éclatant.

Mélange des jaunes et des rouges. — Ocre jaune et vermillon donne orangé très doux.

Ocre de ru et vermillon donne orangé plus éteint.

Cadmium et carmin donne orangé très vif.

Jaune indien et carmin donne orangé éclatant.

Mélange des bleus et des rouges. — Outremer et sienne brûlée donne sépia.

Cobalt et brun rouge donne gris très fin.

Outremer et brun rouge donne gris plus intense.

Cobalt et sienne brülée donne gris roux très fin.

Les trois couleurs fondamentales, jaune, bleu et rouge, mélangées dans une certaine proportion, donnent un ton gris. (Il est bien entendu que les tons que nous énumérons s'obtiennent en mélangeant les couleurs dans une proportion déterminée.)

Du dessin à la mine de plomb et au pinceau. — Avant de commencer l'aquarelle il faut toujours s'assurer de l'exactitude du dessin: celui-ci est, en effet, d’une importance capitale en aquarelle surtout, car les tons transparents ne font qu'exagérer les fautes d’une esquisse défectueuse.

L’esquisse doit être tout d’abord exécutée finement avec un crayon mine de plomb un peu dur (n° 4), puis reprise à la pointe du pinceau; les parties éclairées seront dessinées légèrement et de préférence avec une nuance claire ; pour les parties dans l'ombre, on prendra le pinceau près de la pointe et on le tiendra vertical en le chargeant d’un ton un peu plus foncé.

Pour donner le maximum d'intensité à un accent, on tiendra le pinceau couché, et par un brusque mouvement de main on retirera l'excédent de la teinte posée.

Le dessin au pinceau sans le secours du crayon est aussi un très bon exercice : on recherchera le mouvement et les proportions du sujet avec de l’eau à peine teintée, puis, lorsqu'on sera certain que cet ensemble est exact, on dessinera au pinceau un peu plus fermement avec le ton plus soutenu.

Pour donner une idée de ce mode d'interprétation, nous conseillons aux aquarellistes de consulter les compositions japonaises, qui dénotent une grande habileté dans le maniement du pinceau.

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