NOTIONS ÉLÉMENTAIRES DE LAVIS
La théorie du lavis a pour objet de faire comprendre sur la surface des corps les parties qui sont éclairées et celles qui sont dans l'ombre.
L’encre de Chine, le noir d'ivoire ou la sépia seront utilisés pour obtenir le relief et les dégradations; des réserves de papier laissé plus ou moins blanc figurent les lumières.
Les corps solides à traduire en lavis sont représentés en dessin géométrique. Les rayons lumineux éclairant ces corps sont parallèles et forment un angle de 45° avec la ligne de terre.
Le spectateur placé en face de l’objet est supposé à l'infini, c'est-à-dire que les deux rayons visuels émanant de son œil sont parallèles et perpendiculaires au plan du tableau; tandis que dans un dessin perspectif les deux rayons visuels partent de son œil et forment un faisceau qui est connu sous le nom de cône optique.
Nous supposerons, pour rendre l'étude du lavis plus théorique et en même temps plus positive, que les corps observés sont blancs, le ton d’un plâtre neuf ou de la pierre polie.
Planche,
La source de lumière à 45° donne le maximum d'éclat à une surface quand cette surface est normale aux rayons lumineux (c’est-à-dire quand Le rayon est perpendiculaire au plan qu'il éclaire).
Les rayons lumineux frappant un solide, en l’éclairant sous des angles se rapprochant ou s’éloignant plus ou moins du rayon normal, prennent le nom de rayons directs.
Si la source lumineuse était unique, l'ombre serait absolument noire; mais comme la lumière se répand sur les objets environnants, elle est reflétée.
Elle atténue l'ombre des solides dans leurs saillies. Cette lumière indirecte engendre des rayons qui prennent le nom de rayons de reflets.
L'ombre d’un corps prend le nom d'ombre propre. Quand ce corps projette une ombre sur un solide, elle prend le nom d'ombre portée.
Les différentes surfaces éclairées et parallèles au plan du tableau et plus ou moins éloignées de ce plan seront teintées différemment. Le plan le plus rapproché de l'œil sera le plus éclairé ; à mesure que les plans s’éloigneront, ils se teinteront davantage; mais, quel que soit l’éloignement d’une surface éclairée, elle ne peut dépasser, comme intensité, le bleu du ciel, dans lequel elle est censée se perdre.
Quant aux surfaces dans l'ombre se trouvant sur des plans différents, c’est l'ombre appartenant à la partie la plus en relief qui sera la plus noire. À mesure que les plans d’ombre s’éloigneront, ils deviendront plus doux, c'est-à-dire plus pâles, mais ils ne pourront en aucun cas, par l'éloignement, devenir plus clairs que le bleu du ciel: ils pourront l’égaliser.
Comme conséquence des deux derniers paragraphes, nous ferons remarquer que par l'éloignement les parties éclairées et les parties dans l'ombre d'un même objet