LES BRYOZOAIRES
I ne sont mis en liberté que par la mort de ranimai (de
l'animal en particulier, pas de la colonie entière). I Les statoblastes sont doués d'une grande vitalité et peu-
vent résister à la dessiccation . L'opinion classique est que, ^râce à leurs crochets, ils peuvent rester pris dans le plumage des oiseaux aquatiques et être ainsi emportés dans <i'autres eaux ; ils serviraient à disséminer l'espèce au loin ^.
Cependant, le fait que chez l'espèce la plus répandue et' la plus commune — la Plumatelle — les statoblastes sont 'Complètement lisses et dépourvus de toute espèce de cro- -chets ou d'ancres et, qu'en revanche, les statoblastes des autres espèces en sont tous pourvus, — alors que justement ces espèces sont peu répandues, et localisées à quelques endroits seulement, , — ce fait, dis-je, m'a amené à penser que ces crochets avaient plutôt pour fonction d'empêcher que le statoblaste — qui flotte à la surface de l'eau — ne soit entraîné au large par le courant ou le vent.
Grâce à ses prolongements crochus, le statoblaste reste accroché dans la végétation du rivage et, lorsque le niveau de l'eau baisse, il se trouve à sec. Il peut alors passer par une période de dessiccation, qui est nécessaire, aux statoblastes de plusieurs espèces, pour leur développement ultérieur. Si ceux de la Plumatelle sont dépourvus de crochets, c'est que, précisément, eux n'ont pas besoin de passer par une période de dessiccation.
Du statoblaste sort un unique individu, qui, ensuite, par bourgeonnement, constituera une colonie.
Les statoblastes de la Plumatelle sont de formes très diverses ; ils sont ronds, ou ovales, ou réniformes ; ils sont
> Il est, cependant, peu probable que « dans les circonstances normales » les statoblastes puissent rester accrochés au plumage d'oiseaux aquatiques. En effet, les plumes de ces oiseaux sont « non mouillablés», tandis que les statol)lastes, eux, sont « mouillables ». Il en résulte que, lorsque ces corps se rencontrent, ils tendent naturellement à s'éloigner Tun de l'autre.
Toutefois ce transport peut avoir lieu par l'intermédiaire de la boue ^ui, parfois, adhère aux pieds des oiseaux.
pourvus, OU dépourvus, d'un anneau natatoire. Cependant, le plus fréquemment, ils sont ovales et sont entourés d'un anneau natatoire. Ils sont formés de deux valves qui, au moment de l'éclosion, s'écartent l'une de l'autre. On trouve souvent, pendant l'été, à la face inférieure des feuilles du Nénuphar, de jeunes Plumatelles ayant encore, à leur base,.
les deux valves du statoblaste qui leur a donué naissance (fig. 184)^
On a décrit, sous le non> de PlumateUe fongueuse et d' Alcyonélle, des formes de la PlumateUe chez lesquelles les rameaux du polypier, au lieu de ramper sur un seul plan, sont enchevêtrés les uns dans les autres et constituent une masse épaisse et arrondie.
La Fredericelle est une espèce (fort voisine de la PlumateUe) qui vit surtout au fond des lacs. Le polypier est caractérisé par le fait qu'U n'a qu'un seul point de fixation, à partir duquel U flotte librement en se ramifiant. Les panaches sont constitués par une vingtaine de tentacules, qui — au lieu d'être disposés en forme de fer à cheval — sont plutôt arrangés en cercle.
La PcUudicelle est encore une espèce à polypier ramifiéet arborescent; mais les tiges de celui-ci sont beaucoup plus espacées que ce n'est le cas pour celui de la.
* Pour avoir de plus amples renseignements sur l'anatomie de la.- PlumateUe, on peut consulter le Traité d'anatomie comparée de Vogtr et Yung, dans lequel Tanatomie de cet animal est minutieusement décrite.
Fig. 184.
PlumateUe se développant d'un.
statoblaste.
LES BRTOZOAIilES
Plumaielle. Les animaux, en outre, sont de plus petite taille ; ils sont plus éloignés les uns des autres et sont disposés, par rapport à la tige, d'une manière plus anguleuse (fig. 185). Le polypier est en entier appliqué contre un support, ou bien il se ramifie librement dans Teau; dans ce cas il ressemble à une touffe de petites racines rousses^ embrouillées.
La Paludicelle est généralement moins répandue que la Plumatelle et, dans les localités où elle existe, elle est toujours moins commune que cette dernière.
Elle vit surtout dans les eaux tranquilles; mais on la trouve aussi, parfois, dans des eaux assez agitées, comme celle des torrents; elle a même été signalée dans les conduites d'eau de la ville de Hambourg.
Les animaux qui composent la colonie n'ont aucune relation entre eux;
car les différentes loges, qui constituent le polypier, sont séparées les unes des autres par des cloisons. La couronne,, ou panache, n'a que huit à douze tentacules.
Il n'existe pas de statoblastes ; mais il apparaît, en automne, des bourgeons particuliers, appelés hibernacles^ qui s'imprègnent de calcaire. Ils conservent l'espèce pendant l'hiver. Au printemps, ils s'ouvrent en deux: parties ; il en sort un embryon qui, par bourgeonnement, formera une colonie.
La Cristatelle est un Bryozoaire dont la colonie a la particularité de ne pas être fixée. Elle est mobile, mais elle ne
Fig. 185.
Paludicelle, d'après Vosseler.
bouge que peu. Elle a Taspect d'un disque allongé, de ^consistance gélatineuse, dont la longueur est habituellement de 5 centimètres, mais qui, parfois, dépasse 15 centimètres.
Sur ce disque apparaissent les couronnes de tentacules des différents animaux qui composent la colonie. Lorsqu'on la sort de l'eau, tous les animaux étant rétractés, la Cristatelle ressemble un peu à une ponte de Lymnée.
Habituellement, elle rampe à la surface des pierres ou 4es tiges immergées, surtout au soleil ; mais, au moindre •choc, elle se laisse choir au fond.
Les statoblastes, facilement visibles à l'œil nu, sont caractéristiques. Ils sont aplatis, de forme ronde ; ils sont pourvus d'un cercle natatoire et garnis sur toute leur circonférence d'mie couronne de crochets doubles, chacun monté sur un long pédicule.
La Cristatelle est un animal rare, FiG. 186. - Lophopus, que beaucoup de naturalistes n'ont d'après Trembiey. jamais VU. Elle cst localiséc à de certains endroits et sa découverte est, le plus souvent, accidentelle.
Le Lophopus est un animal encore plus rare, dont l'habitat est encore plus localisé. Fort peu de naturalistes l'ont vu. Il a été trouvé, par- ci par là, dans les fossés ou les étangs, à l'état de colonie isolée, fixée contre les plantes aquatiques.
La colonie a l'aspect d'une petite masse gélatineuse transparente, de la forme et de la dimension d'un bout de doigt; mais, cependant, en général, plus petite. Elle présente des commencements de ramifications courtes et épaisses (fig. 186).
Les statoblastes sont caractéristiques. Ils ont la forme -d'un ovale dont les extrémités seraient pointues et terminées par un crochet.