‹ L'Arabe hospitalier; mélodrame en un acteChapitre 9 sur 24 · OC TARD · texte numérisé non relu

OC TARD

Comment, enfant de Mahomet, tu donnes un asile à ce chrétien ?

HASSAN

Ne te l'ai-je point donné à toi-même, pourquoi veux-tu que nul ne repose sur la natte ou tu t'es reposé ?

OCÏABD.

Mais il est chrétien.

Il est homme.

HASSAN

OCTARD.

S'il reçut une blessure , c'est sans doute en combattant contre les tiens.

HASSAM.

Les Arabes hospitaliers n'attaquent point l'étranger isolé ; quelques Bédouins, errans sans doute, qui cherchent à se distraire d'une trêve qui les fatigue.

octard , à part.

Ah! s'il est couvert du sang de mes Bédouins qu'il périsse. ( haut ). Hassan , ne dois-tu rien à ta patrie , à ta religion ; lasseras-tu reposer tranquille, au sein de ta famille , l'ennemi de ton peuple et de ton Dieu ; veux-tu attirer ia malédiction du prophète sur tes propres enfans ? Mahomet nous ordonne de frapper nos ennemis.

H4SSAN.

Non quand ils dorment sous notre garde.

OCTARD.

Ce sont les Arabes qu'il blessa , qu'il faut secourir.

HASSAN

Qu'ils viennent , mes tentes leur sont ouvertes ; les soins d'un hôte compatissant , les secours de Mirza et du sage Haroul , si puissant dans l'art de guérir , tout leur sera prodigué.

OCTARD.

Venge-Us d'abord.

HASSAN

Ce sont là les sentimens d un Bédouin , non d'un Arabe hospitalier.

OCTARD

Tu penses donc que je suis un Bédouin.

HASS.vK.

Peu m'importe -, si cela est , je veux l'ignorer , tu as habité au sein de ma famille.

V Arabe.

( io)

HASSAN

Oui, tu fus mon hôte et mon hôte généreux , mais je veux m'acquitter de tes bienfaits en immolant ton ennemi.'

HASSAN

Arrête, un pas de plus , lu es mort.

OCTARD.

Insensé, le sang d'un chrétien doit être si doux à voir couler pour les yeux d'un Arabe.

HASSAN

Mais quel cortège sinistre s'avance vers nous, ce sont des pasteurs de cette tribu ; quel homme pâle et défiguré portentils sur des branches de palmiers.

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