OC TARD
Comment, enfant de Mahomet, tu donnes un asile à ce chrétien ?
HASSAN
Ne te l'ai-je point donné à toi-même, pourquoi veux-tu que nul ne repose sur la natte ou tu t'es reposé ?
OCÏABD.
Mais il est chrétien.
Il est homme.
HASSAN
OCTARD.
S'il reçut une blessure , c'est sans doute en combattant contre les tiens.
HASSAM.
Les Arabes hospitaliers n'attaquent point l'étranger isolé ; quelques Bédouins, errans sans doute, qui cherchent à se distraire d'une trêve qui les fatigue.
octard , à part.
Ah! s'il est couvert du sang de mes Bédouins qu'il périsse. ( haut ). Hassan , ne dois-tu rien à ta patrie , à ta religion ; lasseras-tu reposer tranquille, au sein de ta famille , l'ennemi de ton peuple et de ton Dieu ; veux-tu attirer ia malédiction du prophète sur tes propres enfans ? Mahomet nous ordonne de frapper nos ennemis.
H4SSAN.
Non quand ils dorment sous notre garde.
OCTARD.
Ce sont les Arabes qu'il blessa , qu'il faut secourir.
HASSAN
Qu'ils viennent , mes tentes leur sont ouvertes ; les soins d'un hôte compatissant , les secours de Mirza et du sage Haroul , si puissant dans l'art de guérir , tout leur sera prodigué.
OCTARD.
Venge-Us d'abord.
HASSAN
Ce sont là les sentimens d un Bédouin , non d'un Arabe hospitalier.
OCTARD
Tu penses donc que je suis un Bédouin.
HASS.vK.
Peu m'importe -, si cela est , je veux l'ignorer , tu as habité au sein de ma famille.
V Arabe.
( io)
HASSAN
Oui, tu fus mon hôte et mon hôte généreux , mais je veux m'acquitter de tes bienfaits en immolant ton ennemi.'
HASSAN
Arrête, un pas de plus , lu es mort.
OCTARD.
Insensé, le sang d'un chrétien doit être si doux à voir couler pour les yeux d'un Arabe.
HASSAN
Mais quel cortège sinistre s'avance vers nous, ce sont des pasteurs de cette tribu ; quel homme pâle et défiguré portentils sur des branches de palmiers.