LOCOMOTIVE ARRÊTÉE
Il y a quelques années, Si Mohammed ben bel Kassen se rendait à une fête donnée par le Gouverneur Général; vou lant retourner chez lui par Blida, Berrouaghia, Boghari, Djelfa, il prit le chemin de fer à Blida.
A Theure de la prière de i'Acer (après-midi), il demanda au conducteur du train de faire arrêter un instant la locomotive ; le conducteur ayant refusé, Si Mohammed ben bel Kassem n'aurait eu, d'après ses coreligionnaires, qu'à frapper du pied le plancher du compartiment pour que le train s'arrêtât aussitôt.
Le stationnement, toujours d'après les Arabes, dura tant que le chérif fut en prières et la locomotive, malgré les appels réitérés du conducteur du train et les efforts désespérés du mécanicien, ne s'ébranla qu'après la fin des dévotions du Merabet !
Si Mohammed ben bel Kassem, quoique marié à Ja fille de Mokrani, le célèbre chef de la ré/ohe de 1871, nous resta toujours fidèle et dévoué.
Sa mort a été déplorée par tous ceux qui le connaissaient et en particulier par les malheureux, habitués à vivre durant plu-iieurs mois chez le charitable chérif. Les uns et les autres s'en consoleront en disant : « El moût bab, ou nass oukoul dakhilouha. » La mort est une porte et tous les hommes y pénètrent.