‹ L'Arabe tel qu'll est: études algériennes & tunisiennesChapitre 21 sur 74 · LE PORTEUR D'EAU DE SOUSSE · texte numérisé non relu

LE PORTEUR D'EAU DE SOUSSE

Sousse, le porteur d*eau ne se sert pas d'outre Sî comme son confrère de Tunis; il est beaucoup ^ plus pratique et possède un petit âne qui porte dans un chouari en alfa, quatre khouabi (cruches en terre) contenant chacune une douzaine de litres.

Les porteurs d'eau de Sousse sont fort nombreux et constitués en corporation comme les Guerbadjia de Tunis. Cette corporation suit les mêmes règles^ les mêmes usages que celle de la capitale de la Régence.

Chaque malin en été, on voit défiler, venant de la ville arabe une longue théorie de porteurs d'eau conduisant leurs ânes à Aïn-bou-Djâfar, fontaine renommée, située à une faible distance.

A Taller, les porteurs d'eau grimpent sur leurs animaux, ne voulant pas perdre l'occasion de se reposer ; au retour, ils se contentent de les frapper durement pour activer leur marche. Ces malheureux ânes, lorsqu'ils ne trottinent pas, reçoivent un vigoureux coup de bâton de leurs conducteurs qui les rappelle bien vite à la réalité et stimule leur allure.

Les Souassa marchent très allègrement à côté de leur animal, criant de temps en temps : Bara ! Bara ! (en dehors, en

dehors) qui équivaut au Red balek algérien, afin de prévenir les passants de se ranger.

Tous les porteurs d'eau de Sousse ont le même costume, ils sont vêtus du Kadroune, sorte de grosse blouse en laine marron, et de la culotte et du turban tunisiens. Leurs ânes sont harnachés d'une façon absolument identique : une sorte de bât grossier et une muselière. Cette muselière sert à les empêcher de manger les feuilles de cactus se trouvant sur les bords du chemin et dont, paraît-il, ils sont très friands.

Les quatre cruches d'eau sont payées quinze centimes au porteur. Ce dernier fait ordinairement une trentaine de voyages par jour. Bara ! Bara ! voilà le porteur d'eau.

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