‹ L'Arabe tel qu'll est: études algériennes & tunisiennesChapitre 67 sur 74 · DANSES · texte numérisé non relu

DANSES

r^^^^'ARi chorégraphique n'est pas très développé chez \^? Jes Arnbes et les Berbères d'Algérie. La danse indigène ne ressemble en rien aux danses européennes ; elle ne comporte ni polka, ni valse, ni quadrille et encore moins de troïka, berline ou pas de quatre.

Elle se borne à des contorsions du bassin avec des petits sauts, successivement sur chacun des pieds, et des mouvements lascifs des mains tenant un foulard de soie.

Le bal tel que nous l'entendons est inconnu chez les indigènes ; les femmes arabes et kabyles dansent lorsqu'il y a une fête quelconque, religieuse ou civile, une circoncision ou une noce. Elles dansent seules ou par petits groupes de trois ou quatre et onr le visage voilé; jamais un homme ne se joint aux danseuses.

Lors des fêtes arabes, les femmes se placent toutes ensemble sous une tente spéciale et les hommes vont s*accroupir dans les tentes vo'sines.

Après que les cavaliers ont effectué quelques galopades accompagnées de coups de feu dirigés dans la direction du groupe des feojmes, les dansent commencent.

Tiroidement des fillettes s'avancent d'abord et dansent comme il est dit plus haut, puis un groupe de femmes voilées, serrées les unes contre les autres, et conduites par le chaouch de la fête, exécutent à leur tour une danse aux sons de la flûte et du bendir, quelquefois de la kaëta.

Après un moment de contorsions, elles rentrent sous la tente qui leur est affectée, saluées par les you you de leurs compagnes qui souvent sont soulignés par un ou plusieurs coups de feu.

Les Arabes aiment beaucoup voir danser les femmes et, quoiqu^affectant un mutisme outré, ne paraissant pas attacher d'importance à ce qui se passe devant eux. ils n'en sont pas moins satisfaits et souvent l'un d'entre eux ; pour manifester la joie qu'il ressent, se lève et, gravement, tire, au-dessus de la tête de la danseuse qui lui plait le plus^ un coup de feu qui provoque aussitôt les indispensables cris de joie des femmes.

Malgré les faibles nuances des mouvements qui caractérisent toutes les danses indigènes, les Arabes et les Berbères leur ont donné les dénominations de Kesraouï (du Ksar Bokhari). Abdaoui (des Oulad Abdi de PAurès), Naïli (des Oulad-Naïl), Kbaïli (des Kabyles), Saadaoui (de Bou-Saâda).

Les indigènes donnent ces dénominations d'après le .degré de vivacité de la danse, et le plus ou moins de contorsions des hanches de la danseuse.

Indépendamment de la danse avec foulards, les femmes arabes dansent quelquefois en tenant un sabre à la main et prenant des attitudes plutôt grotesques qu'intéressantes.

Les danseuses arabes de profession- qui rôdex.t dans tous les cafés maures et sont toujours recrutées parmi les prostituées, dansent à visage découvert et, afin d'augmenter leur recette, se contorsionnent devant chaque consommateur en lui effleurant le visage de ses foulards.

ElljBs ne se retirent qu'autact que le consommateur lui aura collé sur le front une pièce humectée de saUve.

Les hommes arabes dansent rarement dans les fêtes ; cependant, quelquefois, on voit un grand diable évoluer au milieu d un groupe d'indigènes, s'efïorçant d'imiter les femmes, prenant des poses prétentieuses, mais^ n'ayant aucune grâce.

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