‹ L'Arabe tel qu'll est: études algériennes & tunisiennesChapitre 66 sur 74 · FAUX · texte numérisé non relu

FAUX

Certains lettrés arabes pratiquent avec beaucoup de maestria ce genre d'escroquerie. Ils établissent de fausses reconnaissances et les signent du nom de la victi'ne choisie, qui est toujours un indigène solv^able.

Un certain arabe du département de Constantine avait imaginé un autre truc, afin d'extorquer, sans danger, de l'argent à ses coreligionnaires ; il leur envoyait un avertissement sous prétexte de leur réclamer une somme d'argent prêtée !

II avait soin d'envoyer en même temps à deux ou trois

complices un avertissement leur demandant aussi le paiement d'une dette.

La victime^ refusant de leconnaître la prétendue dette, Tescroc l'assignait. Craignant d'être condamnée, la victime transigeait souvent et remettait une somme de 30 ou 40 fr. à Tescroc. Cet arrangement avait lieu ordinairement à la porte de la justice de paix, avant l'ouverture de Taudience.

Si par malheur l'indigène ne transigeait pas, les complices cités comme lui, reconnaissaient à l'audience devoir* à Tescroc et feignaient de solliciter de lui un délai pour s'acquitter ; puis, ils témoignaient, sur la demande du bandit, que l'indigène cité avait réellement emprunté devant eux. En présence de ce témoignage et de la petite comédie jouée, le malheureux était forcément condamné par le juge de paix. Il est bien entendu que l'escroc choisissait toujours comme victimes des indigènes solvables.

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