‹ L'Arc d'UlysseChapitre 5 sur 34 · POUR LA TOMBE D'UN POÈTE TUÉ PAR SES FRÈRES · texte numérisé non relu

POUR LA TOMBE D'UN POÈTE TUÉ PAR SES FRÈRES

Tu foules un poète, ô passant, et, tu vois, Nul laurier n'a pitié de cette tombe obscure. En mémoire du Chant, nul relief ne figure Ou l'orgueilleuse lyre ou l'agreste hautbois.

Cy-gît un cceur vaillant ! Dans cette mâle voix.

La fierté des aïeux enflait un grand murmure ;

Mais sur la Terre-aux-beaux- Vergers la race est dure ;

II mourut sans couronne, et c'est mourir deux fois.

En Christ harmonieux il allait vers ses frères, Mais leur dague a puni l'extase téméraire. 11 se tut, son doux lied écrasé sur ses dents.

Ne mesure donc pas son œuvre, mais son âme ; Et si tu veux marquer le crime et l'instrument, Grave sur cette pierre une traîtresse lame.

i3 septembre j^i3.

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