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Fig. i^. — Inscription damasienne de la cr3'pte de saint Janvier.
sépulture dans le voisinage des saints, ad sanctos^ ad martyres^ et reposer sous leur protection. Que de peintures détruites aux parois des cryptes et dans le fond des arcosolia par Tintrusion de ces tombes nouvelles ! Le pape Damase, tout en se consacrant à la recherche des saintes reliques, voulut refréner cette piété imprudente et sauver les catacombes. Il en fut l'intelligent et glorieux restaurateur. 11 les orna de peintures nouvelles, de marbres précieux, de riches colonnes; il ouvrit de nombreux luminaires; et, sur le seuil des cryptes illustres, réparées et décorées par ses soins, il fit placer les inscriptions qu'il composait en rhonneur des martyrs. Ces inscriptions damasiennes,
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qui ont fait classer leur auteur parmi les écrivains célèbres de l'Église, sont de véritables œuvres d'art; le type des lettres, composé par le graveur Furius Dîonysius Filocalus, est d'une ampleur, d'une souplesse admirables (fig. 14).
Pour prêcher d'exemple, Damase renonça, quelque désir qu'il en eût, à se ménager une sépulture auprès des papes ses prédécesseurs, dans le célèbre caveau restauré du cimetière de Calliste {fig. i5). « J'ai craint, dit-il avec une touchante modestie, de troubler les cendres des saints. > 11 avait pourtant bien mérité des catacombes', qui eurent, aux années 370 et S/r, un moment d'entière splendeur. Toute trace des anciens ravages avait disparu; les tombes des martyrs, les confessions où l'on célébrait les saints mystères, étaient visitées par une foule immense; dans les galeries, partout où. ne suffi-
sait pas le jour du dehors, d'innombrables lampes et des candélabres illuminaient la nuit ; çà et là, des vases et des plats, sur de courtes colonnes, offraient les huiles aromatiques.
Cette période glorieuse fut brève; déjà les cimetières à ciel ouvert s'étaient multipliés, restreignant peu à peu l'usage des catacombes. Au temps même des persécutions, on avait créé de petits cimetières de fidèles à la surface du sol, et surtout aUK endroits impropres à l'excavation. Après l'Édit de Milan, ces cimetières accompagnent les nouvelles basiliques, et il en subsiste des restes importants en Italie, en France, en Afrique, en Asie Mineure. A Rome même, au-dessus de la catacombe de Calliste, et près de son entrée principale, on voit encore les ruines de nombreuses tombes à ciel ouvert (fig. i6). La petite basilique, à triple abside, dédiée à saint Siïte et à sainte Cécile, et, proche de là, le mausolée de sainte Sotère, donnent idée de ce qu'étaient les édifices religieux dressés parmi les tombes. Au-dessus des plus beaux sarcophages, quatre colonnes portent un toit, semblable au ciborium qui dans les basiliques abrite le maître-autel ; ailleurs, des arcosoUa s'ouvrent dans les murailles, ou
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ce sont de simples tombes, pareilles aux loca souterrains, qui s'étagent les unes au-dessus des autres, séparées par des feuilles de marbre, entre des parois verticales de briques ; l'usage s'en est perpétué jusqu'aujourd'hui dans les cimetières italiens. Les cippes et les
- Arcosolium du i
stèles funéraires, peu fréquents à Rome, abondent en Afrique; et partout des grilles, des chancels de marbre ou de bois environnent les monuments, au milieu des arbres et des fleurs. Une peinture du cimetière de Cyriaque (fig. 17) nous montre en perspective, au bas d'un arcosolium richement décoré, une grille analogue à ces clôtures multipliées à la surface du sol. Deux petits hermès la terminent, et, pour bien marquer Fimitation d'un monument à ciel ouvert, des
représentés qui paissent alentour. Cependant la concession des tombes n'était plus aux mains des prêtres; elle dépendait de la seule corporation des fossores^ marchands du peu de terrains encore disponibles. Les inhumations aux catacombes vont toujours diminuant jusqu'en la terrible année 410, où Rome est prise par Alaric.
Quatrième époque : les pèlerinages; abandon des catacombes. — Les catacombes, qui ne reçoivent plus de sépultures, deviennent, à partir du v® siècle, un lieu de pèlerinages fréquents et réguliers. Elles sont gardées et desservies par les prêtres de leurs paroisses, ou par les moines, mansionarii, cubiculariij établis auprès de leurs basiliques. Peu à peu, grâce au nombre des visiteurs, les habitations se rassemblent, des bourgades se forment autour des cimetières. Peu à peu aussi naît et se développe toute une littérature à l'usage des pèlerins, Itinéraires et Guides contenant une topographie des sanctuaires vénérés, et le recueil des principales inscriptions. C'est le premier essai d'une Rome souterraine, où, l'archéologie moderne a puisé les plus précieux renseignements.
Les invasions barbares entravent d'abord, sans l'arrêter, l'élan des pèlerinages. En 527, « les églises et les corps des saints martyrs furent exterminés par les Goths » (Liber Pontificalis), Le pape Vigile et ses successeurs restaurèrent lentement les catacombes ; de nouveau la messe y fut célébrée, et jusqu'au viii* siècle les pèlerins y affluèrent, malgré l'abandon croissant de la campagne romaine. Mais les affreux ravages de l'invasion lombarde, en jSô, décident le pape Paul V^