Lyel!. V Ancienneté de l'homme. Paris 1870, p
forées1.» Ces détails ne laissent pas le moindre doute sur l'emploi de ces fossiles comme grains de collier. Mais leur présence dans les grottes néolithiques de la Marne ajoute un argument irrécusable en faveur de leur rôle. Les conditions dans lesquelles ils ont été trouvés déterminent clairement leur usage. Ils ne pouvaient être fortuitement dans la grotte, et ils prenaient rang parmi des objets appartenant à l'industrie néolithique. L'adoption de ces grains naturels recommandables par leur dureté et leur légèreté se prolongea longtemps après, car nous en avons recueilli dans des sépultures gauloises et même dans des tombes franques.
D'autres fossiles ont été aussi utilisés pour confectionner des colliers. Les dentales peuvent facilement fournir des pièces d'enfilage. Néanmoins elles sont susceptibles d'être employées d'une autre manière. En effet, le musée des Antiquités du Nord à Copenhague, dans la partie destinée à l'ethnographie, renferme des colliers formés de dentales rangées parallèlement. Cette disposition aurait pu être adoptée également par nos tribus néolithiques2.
Il y a lieu de croire qu'un grand nombre de concrétions naturelles attirant l'attention par l'étrangeté de leur forme, la variété de leur coloris ou par des perforations naturelles, ont été fréquemment utilisées. Les grottes contiennent effectivement beaucoup de pièces naturelles de ce genre qui ont été recueillies, employées et enfin déposées dans les grottes avec les individus qui les avaient portées.
Ce n'est pas seulement au règne minéral que nos tribus néolithiques empruntaient les ornements dont elles se paraient. Le règne animal leur fournissait aussi son contingent. Les vertèbres de poissons, par leur forme, ne manquèrent pas de fixer l'attention. En effet, il fallait peu de travail pour les transformer en grains de collier. Aussi furent-elles employées comme pièces d'enfilage. La vallée du Petit-Morin, par ses vastes régions couvertes d'eau, devait fournir des poissons en grande
1. Hamy, Précis de paléontologie humaine. Paris, 1870, p. 202.