‹ L'Archéologie préhistoriqueChapitre 115 sur 131 · Matériaux }& année, p · texte numérisé non relu

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de manière à découvrir complètement les cloisons intérieures de la spirale (fig. 50). Ces pièces sont nombreuses et répandues dans un grand nombre de grottes. Ces produits avaient dû nécessairement être apportés de loin ou introduits par des échanges.

Dans d'autres colliers, le travail de l'homme s'affirmait d'une manière plus considérable. Les grains étaient tirés d'une matière quelconque et représentaient alors les tentatives d'une industrie mieux exercée. De nombreux grains de collier en craie (fig. 51) proviennent des grottes. Ils ont été recueillis en

Fig. 51.

grande quantité; en général ils sont faits avec soin et leur forme est très régulière. Ces rondelles sont naturellement percées au centre et quelquefois plates. D'autres grains sont bombés de chaque côté et laissent par leur rapprochement un espace vide sur le bord. Les formes qu'ils affectent sont variées, mais il est à croire qu'elles ont été modifiées par les frottements inséparables de l'usage. Une matière aussi tendre ne pouvait conserver ses formes primitives du moment qu'elle était portée, et ainsi exposée à une multitude de forces destructives. Néanmoins, les types primitifs se trouvent, car il en existe qui n'ont

point été mis en usage; ces derniers n'ont point leurs contours émoussés ni polis. Pour les habitants des grottes de la Champagne, la matière première de ces ornements était aussi abondante que possible. On peut à cette occasion remarquer que les tribus néolithiques aimaient à travailler la craie. On a retrouvé en effet plusieurs objets qui attestent des retailles évidentes et, en outre, les parois des grottes portent une foule d'essais et de tentatives grossières.

Il existe aussi d'autres grains d'une forme plus soignée. Ces pièces d'enfilage sont en pétoncle. Ces coquillages offrent beaucoup plus de solidité que la craie et peuvent prendre des formes durables. Ces grains sont donc travaillés avec une certaine perfection. Ils sont aussi plus brillants et représentent une industrie d'un caractère supérieur comparativement aux grains composés de craie. Dans les colliers ces grains alternaient souvent avec des grains en craie.

Il existe également des grains en schiste. Cette matière minérale était l'objet d'une véritable recherche à l'époque néolithique. D'autres objets sont formés de cette même matière. Il est probable que la facilité que l'on trouve à la tailler et la proximité des gisements ont contribué à la vulgariser.

Les grottes de nos stations de la vallée du Petit-Morin ont donné des colliers dont les grains sont en os. Ces pièces sont préparées avec soin et paraissent avoir été tirées dans le fémur de moutons ou de chèvres. Ces grains représentent de petits annelets ou des sortes de coulants. Le diamètre de ces grains est celui même de l'os duquel ils proviennent. Les grottes qui ont donné ces pièces sont très vraisemblablement celles qui se rapprochent le plus de la fin de la période néolithique. Les grains de collier en os sont plus volumineux que ceux dont il vient d'être fait mention précédemment.

Un objet de parure généralement rare a été trouvé dans une grotte de la station d'Oyes, à la butte du moulin. C'est un grain en calais. Son diamètre mesure un centimètre. M. Damour parle ainsi d'objets de parure analogues trouvés dans le Morbihan : « Ces grains, arrondis et polis sur leurs contours, présentent pour la plupart deux surfaces planes opposées et

perforées plus ou moins symétriquement vers le centre. La perforation est inégale, évasée aux orifices, comme on l'observe sur les plus anciennes pierres travaillées et sur celles que Ton recueille encore de nos jours chez certaines tribus sauvages1. » Ces caractères s'appliquent parfaitement au spécimen que nous avons trouvé. M. Damour ajoute ensuite : « La couleur de cette matière est le vert pomme, se rapprochant du vert de l'émeraude ; quelques échantillons sont comme marbrés de parties blanches et de parties bleuâtres. D'autres sont maculés de veines et de taches brunes ou noires, par suite d'un mélange accidentel de matières argileuses2. » Le gisement de la calaïs n'est pas connu jusqu'à ce moment. Il a été trouvé de la calaïs en Bretagne, en Provence dans les dolmens; on en signale aussi dans le Portugal, mais l'origine de ces produits n'est pas déterminée. L'échantillon que nous signalons est l'unique qui ait été trouvé dans les régions de l'Est et du Nord.

Deux grains d'ambre avaient été déposés dans une grotte de la station d'Oyes. L'un, rond, est percé à son centre; l'autre, en olive, porte sa perforation dans toute sa longueur. Ce sont les seules traces d'ambre qui aient été remarquées dans les stations de la vallée du Petit-Morin. Nous avons signalé la présence d'un seul grain au Congrès de Stockholm, mais le second grain qui était en mauvais état ayant pu être conservé, nous possédons deux spécimens. Nous donnons le résumé de notre communication sur ce sujet :

« La question relative à la route suivie dans l'antiquité parle commerce de l'ambre trouve un élément de solution dans un fait que je viens signaler au Congrès.

« Dans une grotte située à Oyes (Marne), explorée à la fin de l'année 1873, j'ai trouvé un grain de collier en ambre. La grotte qui recelait ce collier ne contenait que des objets en pierre.

« Cet objet en ambre, d'une ressemblance frappante avec le grain de collier représenté dans l'ouvrage de M. Nilsson, a

1. Damour, Sur la calaïs. Comptes rendus de VAcad. des Sciences. Paris, vol. LIX, page 938.

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