‹ L'Archéologie préhistoriqueChapitre 123 sur 131 · Dupont, loco citdtOj p · texte numérisé non relu

Dupont, loco citdtOj p

t,. Desor, Palafittes, p 29.

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L'ensemble des parures qui se trouvaient dans les grottes de la vallée du Petit-Morin est plus riche, plus complet, et démontre un grand progrès.

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n peut arffimer, sans avoir à redouter une sérieuse contradiction, que les poteries de la période quaternaire sont d'une extrême rareté et souvent l'objet de graves discussions. Les vases en terre qui avaient été déposés dans les grottes des stations néolithiques de la vallée du Petit-Morin sont donc probablement, sinon les plus anciens, au moins les premiers représentants incontestés de la céramique. Les vases qui proviennent des dolmens appartiennent à une époque beaucoup plus rapprochée et à une civilisation certainement plus avancée ; personne n'en saurait douter. Un œil un peu exercé distingue simplement à la vue les poteries des dolmens. Ces dernières sous le rapport de l'ornementation offrent beaucoup plus d'analogie avec la céramique de l'époque du bronze qu'avec les tentatives grossières de décoration propres à la pierre polie, qui se rencontrent, fort rarement du reste, dans les grottes de la Marne.

Les archéologues insistent avec une grande force pour

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faire ressortir que les ustensiles de première nécessité, fournis parla céramique, sont si fréquemment employés par l'homme, qu'il semble impossible de supposer qu'il ait pu rester longtemps privé de leur indispensable secours. L'idée de se procurer des véhicules pour les liquides a dû germer rapidement dans son esprit.

Cependant les études ethnographiques préconisent certaines peuplades, qui ne possèdent aucune poterie, et chez lesquelles la céramique la plus élémentaire est encore inconnue. La difficulté de concevoir le modèle d'un vase rudimentaire n'est pas aussi terrible qu'on pourrait le croire. Sans nous arrêter à la banalité accoutumée des pas de l'homme et des grands animaux, susceptibles d'indiquer tout à la fois et la forme et la matière des vases, ne savons-nous point que tous les règnes de la nature fournissent avec une merveilleuse variété des récipients naturels, capables de suggérer la forme des premiers types et de fournir de nombreux modèles? Est-il en outre bien conforme à la réalité des faits de considérer l'homme comme tellement dépourvu d'intelligence et d'aptitude que l'invention d'un vase grossier eût été pour lui un acte d'une portée extraordinaire? Des enfants, élevés loin des pays où l'on fabrique la poterie, font pour leur bon plaisir de grossiers essais qui n'étaient pas certainement au-dessus des efforts de nos populations préhistoriques. Cette habileté incontestable, qui s'affirme dans le confectionnement de l'outillage si varié des époques primitives, ne serait-elle pas une étonnante anomalie, si on s'obstinait à refuser à l'homme la dextérité et l'intelligence nécessaires pour exécuter avec succès une ébauche de poterie ? L'absence de vases peut s'expliquer par l'emploi des peaux et des vessies des animaux utilisées pour contenir et transporter les liquides. Mais ces moyens ne remplacent pas le récipient en terre cuite dans une foule de circonstances. Nos appréciations se retrouvent avec certaines variantes dans les lignes suivantes : « Chose rare, en étudiant le travail céramique chez les peuples encore enfants, on peut se rendre compte de la marche suivie par les nations les plus antiques, et appuyer ainsi les inductions suggérées

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par le raisonnement sur l'observation directe de faits actuellement en évolution. Les peuplades sauvages confectionnent aujourd'hui, avec les matériaux les plus primitifs, des vases que l'œil pourrait confondre avec les premiers essais des Grecs, des Étrusques ou des Incas ; elles emploient les mêmes procédés, inventent les mêmes modes décoratifs, confirmantcette loi qu'admettrait à priori la philosophie la plus élémentaire, savoir: que les idées identiques naissent dans des conditions semblables et se développent plus ou moins rapidement suivant des circonstances prévues.

« Le jour où l'homme, marchant sur un sol argileux, détrempé par l'inondation ou les pluies, s'est aperçu que la terre conservait l'empreinte de ses pas, la plastique était découverte; lorsque, allumant un grand feu pour réchauffer ses membres ou pour cuire ses aliments, il a remarqué que l'aire du. foyer changeait de nature et de couleur, que l'argile rougie devenait sonore, indétrempable, invariable dans sa forme nouvelle, il avait trouvé l'art de fabriquer des vases propres à contenir les liquides. Qu'on observe les curieuses épaves de l'âge de pierre, c'est-à-dire les ouvrages des premiers temps du monde, ou les essais des sauvages de la Polynésie ou de l'intérieur de l'Afrique, on reconnaîtra que partout les choses ont commencé ainsi, et qu'une progression d'expériences semblables a partout amené des progrès analogues1. »

Les peuples chez lesquels les vases en terre sont inconnus, aussi bien que les foyers qui n'en conservent aucune trace, prouvent uniquement que les mœurs contemporaines ne comportaient pas l'usage de ces vases multipliés, de formes nuancées, qui naquirent avec les progrès de la civilisation. La conservation de l'eau et des différents liquides, qui joue un si grand rôle aujourd'hui, n'atteignait pas primitivement une si haute importance dans les habitudes d'un peuple naissant. Combien de coutumes qui nécessitent l'intervention des liquides, qui sont essentiellement consécutives aux développements d'une civilisation déjà perfectionnée! Les stations des âges de

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