‹ L'Archéologie préhistoriqueChapitre 124 sur 131 · Albert Jacquemart, Histoire de la céramique, p. 1 et · texte numérisé non relu

Albert Jacquemart, Histoire de la céramique, p. 1 et

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la pierre ne sont-elles pas ainsi, sauf quelques exceptions, situées généralement auprès des cours d'eau, dans le voisinage des sources, réservoirs naturels inépuisables, où l'homme trouve en abondance l'eau dont il varie les usages selon ses désirs? Pénétrons dans certaines maisons de nos populations rurales, et nous trouverons des familles où la céramique compte seulement quelques modestes produits affectés selon les circonstances aux rôles les plus variés.

Les foyers quaternaires, exempts de tout remaniement, auraient parfaitement conservé les vases ensevelis sous une couche épaisse de détritus, de cendres et de terre. L'absence de cuisson n'empêche pas les poteries séchées de résister à l'action du temps, lorsqu'elles sont immobilisées et recouvertes de matières protectrices. On ne trouve presque point de vases, parce que les hommes de l'époque paléolithique en employaient peu ou point. Les tranchées qui conduisent dans les grottes néolithiques ont itérativement donné des fragments de vases bien conservés, parce qu'ils étaient enterrés à l'abri des influences atmosphériques, et placés dans des conditions avantageuses, qui en assuraient indéfiniment la conservation. Ces fragments, atteints une grande partie du temps par les infiltrations des pluies, se ramollissaient et ressemblaient à une pâte consistante, qui se malaxait aisément- mais, après quelques heures d'exposition aux rayons solaires, ils devenaient susceptibles d'être transportés. Les cavernes naturelles fréquentées à l'époque paléolithique étaient, dans leur plus grand nombre, favorables à la conservation, puisqu'elles préservaient les objets abandonnés, ou intentionnellement déposés, de la pluie et des intempéries des saisons.

Les témoins de la céramique quaternaire ont été très-discutés. Plusieurs appartiennent aux couches supérieures des cavernes, et peuvent avoir été laissés par des populations d'une autre époque. Les jugements critiques qui ont été portés sur quelques autres spécimens de poterie, qui semblent se rattacher à la période paléolithique, inspirent des doutes, et imposent une prudente réserve. ^

Le vase trouvé par M. Dupont dans le trou du Frontal

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est comparativement si soigné au point de vue de la fabrication, qu'il donnerait une supériorité incontestable à la céramique de la pierre taillée. Il suppose en effet une pratique plus savante, une meilleure inspiration sous le rapport de l'élégance que les types de l'époque néolithique. Il se rapproche d'une manière frappante de quelques formes contemporaines des métaux. La découverte de ce vase provenant du trou du Frontal a été mentionnée dans les termes qui suivent : « Les fragments d'une urne qu'il a été possible de reconstruire et qui est un des produits les plus curieux de la céramique primitive1. » Précédemment, le savant archéologue avait dit : « Le trou du Frontal est plutôt un abri sous roche qu'une véritable caverne2. » Cette circonstance nous paraît d'une grande importance et digne d'être remarquée.

La question de la céramique à l'époque quaternaire dispose, du reste, de si peu de documents certains pour la guider avec autorité, que plusieurs archéologues ont cru pouvoir affirmer que la poterie était inconnue pendant cette période. D'autres moins affirmatifs ont suspendu leur jugement et attendent de nouvelles données pour se prononcer. Cependant la question de l'origine et de l'invention d'un art si utile que la céramique est par sa nature d'un grand intérêt.

Faut-il absolument voir dans les poteries une indication du degré de perfectionnement de la civilisation ? La céramique peut, dans certaines conditions données, servir de règle, mais il n'en est pas de même pour les âges primitifs. Certainement l'usage des vases en terre remonte à des temps trèsreculés. Mais est-on autorisé néanmoins à se demander logiquement, à cette occasion, à quel âge de l'humanité remonte l'invention de la céramique ? Les stations les mieux caractérisées de la pierre ne personnifient pas l'humanité. Les tribus préhistoriques, branches de la grande famille humaine, sont sans doute les bases des ramifications suivantes, mais elles ont pu se détacher d'un tronc qui jouissait déjà d'une civilisation plus avancée, que les ressources matérielles nécessaires n'ont

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