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L'INDUSTRIE QUATERNAIRE

Plusieurs genres d'instruments de différentes matières, des objets travaillés affectant les formes les plus variées, abondent à l'époque quaternaire. Le mobilier exhumé des cavernes se compose d'un nombreux outillage, d'ornements et de pièces décoratives qui sont autant de défis opposés aux négations des adversaires de l'industrie de la pierre. On a cependant prétendu que la hache était le seul instrument en usage à l'époque acheuléenne. Selon quelques archéologues, le travail humain s'affirmait alors avec un caractère tellement primitif, que la hache elle-même n'était pas emmanchée. Cette manière de voir n'a point prévalu et le catalogue des instruments quaternaires s'est au contraire considérablement enrichi.

M. l'abbé Bourgeois affirme, les pièces en main, qu'en dehors du type de Saint-Acheul, il existe beaucoup d'autres formes de silex taillés de la même époque. Après avoir exploré pendant sept semaines une tranchée ouverte au milieu des alluvions quaternaires, il a rencontré une bonne partie des types nombreux qui sont à la surface du sol et attribués à l'époque

de la pierre polie. Il en possède une série très-riche et trèsintéressante1.

M. Reboux, parlant des silex taillés des terrains quaternaires des environs de Paris, exprime à peu près la même opinion : « Ces silex affectent des formes très-variées, il y en avait pour tous les usages de la vie. Leur abondance sur ce point avec des matrices ou nucleus me fait croire que ces silex ont été taillés sur place. On peut donc supposer qu'il existait dans ces temps reculés une bourgade ou station humaine sur l'emplacement occupé aujourd'hui par la portion des fortifications de Paris qui va du sud-ouest au nord-est et qui limitent le Perret- Valloi s 8. »

;De son côté M. d'Acy, parmi d'autres observations fort intéressantes, constate la variété des instruments dans les couches quaternaires. Il affirme que la superposition d'un type à un autre n'existe pas, et les silex de la forme du Moustier : pointes, racloirs, grattoirs, perçoirs, lames, nucleus, sont tout aussi abondants dans les couches inférieures que dans les couches supérieures 3.

L'opinion de M. de Mortillet semble s'être modifiée. 11 admet en effet que les lames en silex recueillies avec les haches se rencontrent dans une proportion bien inférieure à celles-ci4. L'existence de ces instruments contemporains de la hache acheuléenne a été constatée et affirmée par d'autres archéologues que nous ne pouvons tous citer.

Un dessin de M. de Mortillet donne la manière présumée dont l'homme quaternaire se servait de la hache acheuléenne. Il la saisissait entre les quatre doigts placés en dessous et le pouce au-dessus 5.

[L'emmanchement des haches du type de Saint-Acheul a donné lieu à des discussions. Dans différentes régions il a été fait sur des instruments de forme analogue des observations

i. Congrès Inter. d'anthrop. et d'archéol. préhistoriques de Bruxelles, p. 444.

2. Reboux. Silex taillés associés à des ossements fossiles ^ p. 3.

3. Matériaux pour servir à l'histoire de l'homme. T. VI, p. 282.

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