Lubbock, L'homme avant l'histoire, p
lage, en un mot, qui fut trouvé sur le fond des lacs où avaient été élevées les cités lacustres. Les conclusions ont ici la même autorité que celles tirées des cavernes quaternaires et des grottes de la pierre polie. L'abondance des ustensiles dans les pilotis a fait penser aux archéologues que les constructions lacustres avaient été détruites par un incendie. Il est probable qu'il a dû en être ainsi dans certains cas particuliers. Mais la fréquentation prolongée d'une cité lacustre suffit pour donner la raison de cette accumulation d'objets travaillés. Les accidents, la négligence, les causes imprévues qui se multiplient pendant le travail, ont dû précipiter quotidiennement des objets dans le lac.
Les instruments recueillis dans le voisinage et sur le sol même des palafittes sont nombreux. Us ont pu être étudiés et comparés. Il résulte des travaux comparatifs qui ont été faits que les cités lacustres possédaient une industrie qui se rattache à l'époque de la pierre polie avec un degré de supériorité bien constaté. La hache des palafittes offre, il est vrai, un mode d'emmanchement particulier (fig. 7), mais ce procédé, que nous connaissons parce que le bois a été conservé par son séjour dans l'eau, n'est pas le seul qui était alors employé. On retrouve aussi la manière d'emmancher qui se rencontre dans les grottes. Nous aurons à donner d'autres développements sur les analogies de l'industrie des grottes et des palafittes, lorsque nous traiterons les questions relatives au mobilier des grottes néolithiques.
Les cités lacustres ne sauraient être attribuées à un même peuple. La ressemblance dans les habitudes et dans les habitations n'autorisent pas à le supposer. L'avenir permettra peut-être à l'anthropologie de se prononcer sur cette question. Si des découvertes analogues à celles d'Auvernier1 se renouvellent, la race pourra être déterminée et connue dans ses variétés, s'il en existe. Les palafittes appartenant à des âges différents, puisque l'âge de la pierre, l'âge du bronze
I. Dr Gross, Les tombes licustres d'Auvernier. Indicateur d'antiquités suisses; avril 1876. — Desor, Les sépultures des populations lacustres du lac de Neuchàtel. — Matériaux pour servir à l'histoire de l'homme^ 1876, pp. 181 et 114.
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et le premier âge du fer y sont représentés dans diverses régions, il y a ainsi une forte présomption contre l'existence d'un peuple unique constructeur des palafittes.
L'industrie particulière aux constructions lacustres ne
Fig. 7.
manque pas d'un intérêt spécial. Le travail est combiné d'une manière plus savante. Nous en trouvons une preuve dans le rare exemplaire d'une hache complète provenant de Concise, citée par M. Desor (fig. 7).
La civilisation des palafittes porte les traces d'une incontestable supériorité 5 cependant elle offre de nombreux points
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de contact avec l'industrie, la civilisation caractéristique des grottes néolithiques. Encore à ce point de vue, il est difficile de voir un même peuple dans les constructeurs des cités lacustres.
Les terramares que l'on trouve en très-grande quantité en Italie rappellent, par leur pilotis, les constructions lacustres et paraissent avoir été inspirées par les mêmes causes et dans les mêmes temps. Les différentes époques archéologiques y sont également représentées. Ces constructions caractérisent l'activité de l'homme à différents points de vue. Elles ont déjà donné des pièces nombreuses et provoqué de savantes interprétations. Il est probable que le temps amènera d'autres résultats.
Les terramares ont fourni un outillage fort varié. Il n'y a pas lieu d'en douter, l'âge de la pierre polie est propre à certaines terramares 5 mais, comme dans les palaflttes de la Suisse, on retrouve aussi l'âge du bronze et le premier âge du fer. Les ressemblances avec les constructions lacustres de la Suisse n'ont point échappé à l'attention des archéologues italiens. On peut s'en convaincre en lisant les publications de MM. Strobel, Pigorini ', Gastaldi 2 , Gozzadini, Stoppani 3, qui ont donné de très-intéressantes monographies des terramares et des palarlttes explorées par eux en diverses circonstances.
M. Pigorini, directeur du musée préhistorique de Rome, dans une récente publication4, fait connaître avec d'intéressants détails les résultats des recherches qu'il a faites dans une terramare en Hongrie. En effet, favorisé par cette généreuse hospitalité que les Hongrois exercent avec un si noble empressement, il a pu explorer une terramare à Tos^eg, dans le comté de Pesth. La comparaison qu'il en a faite l'autorise à conclure qu'elle présente une grande analogie avec la terramare de
1. Strobel et Pigorini. Le Terremare e le palafittc del Parmense. Milan, 1864. — ■ Pigorini. Le abitaçiom '. palus tri Ai Fontanello dcll'epoca del ferro. Parme, 1865.
2. Gastaldi. Nuovi Cenni sugli oggetti di alla antichità trovati nelle torbiere e nelle marniere dell'Italia.
3. Stoppani. Prima ricerca di abita^ioni lacustri nei laghi di Lombardia. (Atti délia Soc. Italiana di science niturali, 1863. Vol. V, p. 154.)
4. Estr.itto dal Bulletino di Paleontologia Italiana. N. 15 e t6, 1876.
Casaroldo1. La terramare de Tos^eg n'appartient pas à l'âge de la pierre polie pure. Le bronze s'y retrouve, et, du reste, il y a lieu de la considérer comme contemporaine de la Nécropole étrusque, si connue de Marzabotto. Néanmoins les objets en pierre la rattachent à l'époque que nous étudions , et nous permettent de la citer comme une œuvre ayant des rapports avec les temps néolithiques.