‹ L'Archéologie préhistoriqueChapitre 7 sur 131 · Loco citato · texte numérisé non relu

Loco citato

3. Fabre d'Envieu, J, es origines de la terre et de l'homme, p. 457.

Les silex taillés à l'âge tertiaire peuvent donc être tenus pour intentionnellement taillés. M. Pozzi, dans un ouvrage d'un mérite éminent : La terre et le récit biblique de la création, a dû se préoccuper de la découverte des silex tertiaires ; il s'en inspire en effet dans son argumentation et s'exprime ainsi : « Nous devrions, grâce aux silex taillés de M. Bourgeois, aller encore plus loin, et faire remonter l'homme jusqu'aux calcaires de Beauce, ou miocène inférieur. Mais M. Hébert, professeur de géologie à la Faculté de Paris, qui a examiné ces pièces attentivement et en présence de MM. Bourgeois et de Vibraye, a déclaré, de la manière la plus formelle , que ces silex ne présentent rien qui soit de nature à exiger l'intervention de la main de l'homme. Nous avons recueilli une déclaration toute semblable de la bouche de M. Grimer, inspecteur des études à l'École des mines de Paris, où quelques-uns de ces silex ont été apportés et examinés '. »

Les silex tertiaires ont été discutés par les apologistes chrétiens avec des accents très-variés. Le plus solennel écho a retenti sous les voûtes de Notre-Dame de Paris. Le R. P. Monsabré s'est nettement prononcé en parlant des couches miocènes explorées par M. l'abbé Bourgeois. Il expose ainsi ses impressions concernant les couches du tertiaire moyen qu'il a examinées : « Là gisent des silex dont il est impossible de méconnaître la destination et qui, par leurs retouches, leurs entailles symétriques et artificielles produites pour correspondre à une entaille naturelle, leurs traces de percussion, attestent les intentions, le travail et l'usage d'un être qui a voulu des instruments et qui s'en est servi... J'ai vu, poursuitil, de mes yeux et touché de mes mains le terrain et les instruments qu'on y trouve, et tout en reconnaissant l'authenticité et l'importance de cette découverte, je n'en ai pas été ému, mes convictions sur la jeunesse relative de l'homme sont restées calmes et sereines *. » Telle est la situation au point de vue archéologique.

i. Pozzi. La terre et le récit biblique de la création, pp. 230 et 231. 2. Conférences de Notre-Dame de Paris, 1875, P- 67.

Sous un autre aspect, les silex tertiaires prennent un intérêt qui n'est pas moins considérable. Effectivement, ces silex ont été trouvés, ainsi qu'il a déjà été dit à la base du calcaire de Beauce, dans une couche miocène composée de plusieurs assises, où ils ont été rencontrés en quantité variable selon les différentes strates. L'étude des silex tertiaires de Thenay se complique donc d'une question géologique d'une importance majeure. L'auteur de la découverte a exposé ce côté de la question avec une savante lucidité, et sous ce rapport le succès a été complet. Les réserves qui ont été faites s'appliquent exclusivement au gisement qui recèle les silex dont personne ne discute la provenance. Ces réserves relatives au gisement retardent néanmoins la solution, car jusqu'à ce jour les géologues n'ont pu parvenir à une entente à peu près unanime, si désirable dans une question d'une pareille gravité. Les silex de Thenay ne sauraient occuper la place qui leur appartient dans les faits scientifiques, si les couches géologiques qui les contiennent sont encore le sujet d'appréciations opposées.

Nous indiquons sommairement les différentes opinions émises par les géologues concernant les gisements de silex. M. l'abbé Bourgeois, dans ses communications, affirme, avec l'autorité qui convient à une science éprouvée, que la question du gisement a été déclarée incontestable par tous les géologues sérieux qui ont visité la localité. « Bon nombre d'hommes compétents, dit-il , vinrent de France, d'Angleterre et du Danemark, pour étudier sérieusement un fait dont ils comprenaient toute la gravité. Plusieurs s'en allèrent complètement convaincus, et trois d'entre eux, MM. de Mortillet, Valdemar Schmidt, Raulin, exprimèrent leur opinion devant la Société géologique de France. Ceux qui, tout en étant fortement ébranlés, restèrent dans le doute, considérèrent le fait comme très-important et très-digne d'attention 1. »

M. le docteur Hamy, dans sa Paléontologie humaine, traite

1. Congrès international d'anthropologie et d'archéologie préhistoriques de Bruxelles.

io EPOQUE TERTIAIRE.

naturellement la question, et déclare d'une manière positive que les silex découverts par M. l'abbé Bourgeois commencent à apparaître avec les marnes lacustres à la base du calcaire de Beauce, et atteignent leur maximum dans la couche d'argile jaune-verdâtre1. Les pierres sur lesquelles M. l'abbé Bourgeois, continue-t-il, a cru reconnaître l'action d'une main humaine, sont bien antérieures aux faunes du calcaire de Beauce et des sables de l'Orléanais. M. le docteur Hamy, comme on le voit, ne fait pas la moindre réserve ; il ne soulève pas même l'ombre d'un doute.

M. Belgrand, dont le nom fait autorité, a reconnu expressément que la couche miocène contenant les silex était exempte de tout remaniement. M. de Mortillet, M. Valdemar Schmidt, ont exprimé la même opinion. D'autres géologues, loin de se prononcer aussi catégoriquement, ont fait de nombreuses réserves.

M. Evans, président de la Société géologique de Londres, dans un ouvrage publié en 18722, c'est-à-dire au moment où les discussions relatives aux silex tertiaires de Thenay se produisaient avec le plus de vivacité, s'est refusé d'y reconnaître un travail humain. Plus récemment, dans un discours qu'il prononça en sa qualité de président de la Société géologique à la réunion annuelle tenue dans le mois de février 1875, il a exprimé les mêmes sentiments. Nous citons ses paroles : « The abbé Bourgeois, indeed, would carry man back to Lower Miocène times, relying on implements presumed to hâve been found in beds of the Calcaire de Beauce, at Thenay, near Pontlevoy. He candidly acknowledges, however, that the implements offer a complète identity with those found on the surface; and I cannot but suspect some possible error of observation as to their occurrence in the beds. Did they really belong to them, we should hâve the remarkable faCt that at that remote period, characterized by

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