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L'homme tertuûre} par M. l'abbé Bourgeois, p

célèbres, d'une incontestable compétence, refusaient d'y reconnaître un travail intentionnel. D'autres paléontologistes d'une aussi notoire célébrité accueillirent avec une faveur marquée l'émouvante découverte, et n'hésitèrent pas à déclarer les traces d'un travail humain d'une frappante évidence, et conclurent incontinent à l'existence de l'homme tertiaire. La science officielle, dont la prudence se garde avec soin des nouveautés, s'est particulièrement tenue dans une réserve qui ressemble à une répudiation des silex de Thenay comme œuvre humaine.

Cette opposition, M. le docteur Hamy pense devoir l'attribuer à la facilité avec laquelle M. l'abbé Bourgeois et d'autres ont admis comme travaillés, des silex oii l'action de l'homme paraissait douteuse *. Cette grande facilité, signalée par M. Hamy, pourrait s'appeler une plus grande expérience. L'habitude de manipuler, d'étudier, de comparer des silex ouvrés, fait apercevoir des gradations dans le travail, et prédispose, par des comparaisons multipliées, à découvrir des traces qui échappent aux curieux qui examinent isolément pour la première fois quelques silex imparfaitement ébauchés.

M. G. de Mortillet, selon l'appréciation de M. le docteur Hamy, en choisissant des exemplaires d'une forme plus fortement caractérisée, et en les comparant avec les instruments semblables de l'époque quaternaire, a plus utilement préparé une solution avantageuse et dissipé les doutes. La question est néanmoins restée pendante, et M. l'abbé Bourgeois a voulu la poser de nouveau devant le congrès de Bruxelles. Sur la demande qu'il en fit, une commission spéciale tut nommée pour examiner les silex tertiaires et prononcer une sentence scientifique à leur endroit. La commission était composée de quinze membres. Parmi eux, six déclarèrent expressément, sous diverses formules, que les séries soumises à leur examen ne portaient pas de traces de la main de l'homme.

Six autres ont reconnu et accepté dans la série, les

i. Docteur Hamy, Précis de Paléontologie humaine, p. 48.

poinçons, les racloirs et quelques couteaux. M. Franks a déclaré n'admettre qu'un seul spécimen, le grattoir trouvé dans la coupe du gisement. Un autre membre a déclaré qu'il se trouvait dans l'impossibilité de se prononcer. Enfin, M. le marquis de Vibraye a reconnu le travail humain sur quelques exemplaires, et Ta admis sous certaines réserves.

Le travail de la commission n'a pas eu le résultat que l'on pouvait en espérer, l'autorité de la science n'apparaissant pas avec netteté. La question paraît être restée dans le statu quo. Admis après un sérieux examen par MM. Worsaae, de Vibraye, de Mortillet, Valdemar Schmidt, Roujou; répudiés par MM. Nilsson, Hébert, etc., les silex tertiaires de Thenay sont à peu près universellement repoussés par les sociétés savantes. Le concert des opinions particulières n'est pas moins varié. Dans sa réfutation du transformisme, M. Rimbaud, en parlant de ces silex, s'exprime ainsi : Des silex portant l'apparence d'un travail humain, des silex présumés travaillés et qui représentent des instruments propres à frapper, à percer, ou à trancher1. Ensuite, malgré le secours qu'il entrevoit dans l'existence de l'homme tertiaire pour établir sa démonstration, il se borne à ces conclusions : On croit avoir trouvé de nombreux indices d'un travail intelligent, on croit avoir aperçu des traces du passage de V homme. S'il venait à être constaté que l'homme tertiaire a existé 2.

M. Fabre d'Envieu, après avoir dit : « Il résulterait de ces faits que des hommes ont vécu dans une très-haute antiquité, ajoute : « Toutefois, on a des doutes à cet égard : ces traces ont peut-être été faites accidentellement. Certaines variétés de silex se divisent naturellement en éclats par tranches et par lames, et donnent ainsi lieu à des produits qui imitent des instruments primitifs. Parmi les silex qui paraissent déceler la main de l'homme, il y a beaucoup de ludi 3. » M. de Valroger, de son côté, a pu tirer la conclusion suivante :

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