‹ L'archeologue chretienou cours elementaire d'archeologie catholiquea l'usageChapitre 21 sur 112 · ART. 2. — PHASE LIBRE. — SECONDE MOITIÉ DU XVI™* SIÈCLE, A PEU PRÈS · texte numérisé non relu

ART. 2. — PHASE LIBRE. — SECONDE MOITIÉ DU XVI™* SIÈCLE, A PEU PRÈS

Caractères de cette seconde phase du style de la renaissance.

I. L'architecture de cette époque revient aux traditions artis^ tiques de la Grèce et de Rome, sans toutefois abandonner entièrement les traditions si catholiques de l'art monumental au moyen-âge. L'artiste chrétien du xvi® siècle conserve encore une grande puissance de création , même dans ses écarts, et une certaine liberté originale et parfois heureuse , même dans ses imitations et ses emprunts à l'art païen. Mais l'ogive

n'apparaît plus du tout dans les monuments de cette dernière phase.

Le plan des églises n'offre guère constamment que la figure de la croix grecque. Le chœur s'arrondit en hémicycle, comme dans les anciennes basiliques, mais il est bien moins profond.

Les portes et les fenêtres sont toutes cintrées ou carrées. Les meneaux ont disparu , mais on conserve encore dans les fenêtres quelques compartiments à figures rayonnantes , à dessins arrondis , tels que rosaces , quatre-feuilles , etc.

Les belles roses du moyen-âge sont absolument abandonnées ou simplement remplacées par des œils-de-bœuf très -peu remarquables.

IL Aux ornements de la phase précédente viennent s'ajouter les médaillons ornés de têtes , de bustes , d'emblèmes , etc., en demi-relief (164) , les fleurons, les rosaces, les festons, les dentelles , et un grand nombre d'autres moulures et décorations antiques, comme rinceaux, arabesques, torsades, etc. (162, 163).

Les écussons ne sont plus seulement soutenus par des anges, mais encore par des animaux réels ou fantastiques.

Les colonnes reparaissent avec une grande variété de formes plus ou moins imitées de l'antique. Il y en a en spirales, en caryatides , de torses , de canelées , etc. On en voit de fort petite dimension, qui sont d'une beauté et d'une élégance trèsremarquables. Elles sont ornées de leurs chapiteaux aussi jolis que délicats, et décorées parfois de moulures et de sculptures d'un goût charmant (47).

V entablement reprend son ancienne disposition. Il est de nouveau composé d'une architrave , d'une frise et d'une corniche.

III. Les contreforts sont d'abord décorés de tous les ornements capricieux de l'époque, tels que rinceaux, arabesques, festons, guirlandes, etc. Plus tard, ils prennent la forme bizarre d'une grande console renversée (1 03), ou de tout autre ornement ou appui lourd , massif , disgracieux , et plus ou moins imité de l'antique. Dans quelques églises, les contreforts ne consistent qu'en de simples pilastres.

Les voûtes sont en plein cintre ou à plafond. Celles qui sont en pierres sont souvent extrêmement remarquables par la coupe et la disposition des pierres qui forment les dessins les

plus variés et les plus merveilleux. En général , les voûtes et les plafonds de cette époque sont ornés de caissons remplis de sculptures ou de moulures diversement combinées et trèsdélicates. Ce sont souvent des fleurs, des fruits, des têtes d'hommes, des génies, des emblèmes, des armoiries, et mille dessins capricieux et fantastiques (160).

Quelquefois encore , on y admire de riches et magnifiques clés ou pendentifs , comme précédemment, mais c'est fort rare.

Les belles coupoles byzantines reparaissent sous des formes nouvelles et très-variées. Elles sont aiguës, ovoïdes, curvilignes, en calottes simples ou doubles, en tiares, etc. Parfois, elles sont surmontées d'une lanterne élégante ou même d'une flèche légère, etc. (166).

Les tours sont généralement composées de plusieurs ordres d'architecture superposés , et amorties , le plus souvent , en coupole ou en terrasse à leur sommet. Il y en a cependant qui sont encore carrées ou rondes comme précédemment.

Les clochetons sont remplacés par de petites pyramides, par des espèces de candélabres , ou par des socles carrés ou octogones de formes variées (103).

rv. En général, la pureté et la perfection des lignes architecturales , la beauté des profils et la régularité des contours sont un des caractères saillants des monuments de cette époque encore extrêmement riche en décorations et en moulures gracieuses. Aussi , les édifices religieux de cette dernière phase sont encore fort remarquables , tant sous le point de vue de l'architecture que de l'ornementation. On peut môme dire que les églises de ce style ne manquent ni d'élégance, ni de grandeur, et qu'elles ne sont nullement indignes du culte du vrai Dieu. Cependant, on sera toujours forcé d'avouer que, malgré cette beauté et cette noblesse de forme, elles ne respirent pas, comme les grandes cathédrales du moyen4ge , ce sentiment mystique et si profondément religieux , qui touche , pénètre , émeut l'âme, et la transporte malgré elle dans les régions surnaturelles de la foi, de la prière et de Tadoration. Sur ce point, rien ne peut remplacer le style si éminemment religieux des belles époques ogivales.

Les inscriptions sont comme sous la phase précédente. Les abréviations en sont souvent très-compliquées et parfois extrêmement bizarres.

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