III. Les principales moulures composées sont
La scotie (14), moulure composée de plusieurs cavets : elle est droite ou renversée ;
Le talon (15), moulure composée d'un quart de rond et d'un cavet : il est droit ou renversé;
La doucine ou cymaise (16) , moulure composée des mômes éléments ou parties que le talon , mais en sens opposé : elle est droite ou renversée;
V astragale (17) , moulure composée d'une baguette , d'un filet et d'un cavet, ou congé.
IV. On peut encore regarder comme des moulures les ornements suivants :
Le chanfrein , moulure en biseau : il est droit ou renversé , ou double ;
Les cannelures , espèces de canaux ou sillons creusés verticalement sur le fût des colonnes ;
Les rudentures , baguettes qui remplissent les cannelures jusqu'au tiers de leur hauteur ;
Les oves, moulures en relief , en forme d'œufs ;
Les strigiles sont une suite d'ornements en creux ou en bosses , contournés en S ;
Les godrons ou gaudrons sont une suite d'ornements renflés , semblables à des tores juxtaposés ; c'est le contraire des
cannelures qui sont en creux ; mais les godrons sont souvent fort courts et servent à orner le culot des vases , des cuves, etc. ; rarement ils sont en creux.
Nota. Toutes ces moulures sont susceptibles d'être plus ou moins sculptées.
art. 5. — des frontons, impostes et autres membres d'architecture.
Le fronton (18) , est un ornement qui couronne quelquefois un édifice , une porte ou une fenêtre , etc. Il est ordinairement triangulaire , parfois circulaire , échancré ou non au sommet ; son élévation doit avoir au moins un cinquième de sa base : le centre ou milieu (a) appelé tympan^ est susceptible de recevoir des bas-reliefs.
Ij^ pied-droit om jambage (18 d) est la partie latérale d'une porte , d'une fenêtre ou d'une arcade qui s'élève à plomb.
L'imposte (18^), est une assise de pierre en saillie , souvent ornée de moulures , terminant le pied-droit et lui servant de couronnement.
II. L'archivolte (18 b) est un bandeau en arcade, uni ou composé de moulures , accompagnant le cintre d'une porte, d'une fenêtre , etc. ; ses deux bases portent sur les impostes ou sur les chapiteaux des pieds-ilroits, ou sur l'entablement , etc.
Le linteau est une longue pierre ou une pièce de bois placée horizontalement et portée sur les deux montants ou pieds-droits des portes et fenêtres , etc. (79).
Le chambranle est la bordure ou l'encadrement d'une porte , d'une fenêtre , etc. ; il est simple ou orné de moulures.
III. Le soffite est le plafond ou le dessous d'un entablement, d'une corniche ou d'un larmier, plus ou moins orné de sculptures différentes selon les ordres.
Vacrotère est un petit piédestal, généralement fort simple >
supportant le plus souvent un vase , un buste, une statue, etc.; quelquefois les acrotères sont unis entre eux par des balustrades (167).
Vattique est un petit ordre d'architecture qui couronne un édifice , une porte , un monument , etc. ; il n'a de règles que le goût et l'inspiration de l'artiste ; il est souvent orné de pilastres et ne consiste quelquefois qu'en une balustrade avec ou sans acrotères.
IV. V abaque ou tailloir est une petite tablette en pierre , carrée , qui se place sur le chapiteau et porte immédiatement l'entablement.
La balustrade est un appui composé de balustres ou gros fuseaux rangés sur un socle et surmontés d'une tablette.
La console ou corbeau (19) est une espèce de support plus large en haut qu'en bas.
Le modillon est une petite console ordinairement couchée (19 6)
Le socle est une espèce de plinthe ou de piédestal plus bas que les autres et ordinairement sans moulures (2,3,4).
ART. 6. — DE QUELQUES ÉDIFICES ET PARTIES d'ÉDIFICES GRECS ET ROMAINS.
I. Vamphiprostyle est un édifice qui présente deux façades opposées , à colonnade.
V amphithéâtre est un édifice rond ou plus communément ovale , destiné aux jeux publics , aux spectacles , aux combats des gladiateurs, etc., et, trop souvent encore , au supplice des martyrs pendant les premiers siècles : l'espace vide ménagé au centre du monument s'appelait arène, du mot arena [sable] , parce qu'il était ordinairement couvert d'un sable épais , destiné soit à absorber le sang des animaux ou des hommes , soit à affermir les pieds des combattants et des lutteurs , soit aussi à rendre leurs chutes moins lourdes.
L'arène était ordinairement environnée d'un fossé rempli
d^éau , entouré lui-même fort souvent d'une série de loges ou mrcères destinées à enfermer les bétes féroces nécessaires aux jeux. Au-dessus de ces loges , et à une hauteur de 4 à 5 mètres , régnait une galerie, jporfmm , réservée aux spectateurs les plus distingués, à l'empereur, aux consuls, aux sénateurs , etc. Cette galerie , indépendamment de sa hauteur et du fossé , était encore protégée contre les atteintes des bêtes féroces par un parapet , une grille et des pointes en fer recourbées vers l'arène.
Derrière le podium, s'élevaient plusieurs séries de gradins dont les premiers rangs étaient réservés aux prêtres , aux chevaliers etc., et aux citoyens romains de quelque considération ; les suivants étaient destinés au menu peuple et les derniers , tout-à-fait au sommet de l'amphithéâtre , aux esclaves.
Ces séries de gradins étaient partagées , de bas en haut , en formes de coins , cunei , par des escaliers étroits et placés de distance en distance pour la commodité des spectateurs.
A l'extérieur, l'édifice était divisé ordinairement en deux étages ornés d'arcades, de colonnes, de pilastres et même de statues. Les portes par lesquelles les spectateurs entraient et sortaient , s'appelaient vomitoria. des Arènes de Nimes (31 0), d'Arles, etc.).
IL Le diptère est un édifice qui offre une double colonnade Bur chacun de ses côtés , de manière à former deux galeries autour du monument.
Le monoptère est une enceinte circulaire formée par des colonnes posées sur un stylobate continu et muni d'un escalier sur un des points de sa circonférence : il est surmonté d'une coupole ou dôme appuyé sur les colonnes ; il n'a pas de mur d'enceinte et est destiné à recevoir une statue , une croix, etc.
Le péribole est une enceinte sacrée qui environne un temple (Maison-Carrée de Nimes. )
Le périptère est un édifice environné à l'extérieur d'une colonnade formant galerie.
Le perron est un escalier composé de plusieurs marches ou degrés devant la porte ou la façade d'un édifice , d'une église , etc.
Le portique est un espace en forme de galerie couverte par une voûte ou un plafond et ouverte , sur le devant , au moyen d'une série d'arcades.
Le prostyle est un édifice dont la façade est ornée d'une colonnade.
Le pseudo-diptère est un édifice entouré de deux colonnades, dont Tune a ses colonnes engagées dans le mur d'enceinte.
Le pseudo'périptère est un édifice environné d'une colonnade dont les colonnes sont engagées dans le mur (Maison-Carrée de Nimes) (312).
Le théâtre était un édifice semi-circulaire , garni dans Thémicycle de gradins destinés aux spectateurs et superposés comme dans l'amphithéâtre : Vaire intérieure se nommait orchestre et était réservée aux musiciens, aux danseurs, etc. ; au-devant était la scène où se trouvaient les acteurs.
Monuments romains ou gallo-romains du département du Gard et des pays circonroisins.
L A Nimes, on trouve Y Amphithéâtre ou les Arènes (310) ; la Afawon-Carree (312) ; le Temple-de-Diane ; la Tourmagne (313) ; les Portes d'Auguste et de France ; les restes des anciens Remparts et plusieurs autres ruines précieuses , des statues , des tombeaux, etc.
II. Près de Remoulins , sur le Gardon , le beau Pont-du- Gard (311); A Sommières et à Boisseron , sur le Vidourle ; à Argilliers ; à la Roque etc., des ponts plus ou moins remarquables. — A Vallabrix , près d'Uzès , une belle façade de château. — En divers lieux du département , des tours plus ou moins conservées , etc.
III. Dans les départements voisins, des arènes, un théâtre et de belles ruines , à Arles ; — un tombeau monumental et un arc-de-triomphe, à Saint-Remy; un pont triomphal, à Saint-Chamas ; — des arcs-de-triomphe , à Cavaillon , à Carpentras , et surtout à Orange, qui possède aussi un théâtre, etc*
Note sur les Monuments celtiques.
Bien qu'aujourd'hui on s'occupe moins des monuments celtiques qu'on ne le faisait il y a quelques années, on ne sera pas fâché d'en trouver ici une courte description. On distingue surtout les monuments suivants :
4o Les peulçam ou menhirs sont de grandes pierres allong^ées, plantées verticalement (314). Les uns croient qu'ils ont servi de monuments funéraires ; les autres en font des objets d'un culte superstitieux ;
3<^ Les trilithes ou lichavens sont formés de trois pierres dont deux verticales supportant la troisième horizontale (317) ; c'étaient probablement d£s autels;
3o Les cromleclis sont des enceintes druidiques composées d'un certain nombre de pierres droites comme les j9eii/t/afi5, etc., formant un ou plusieurs cercles concentriques; la structure de ces enceintes est tantôt en rond , tantôt en ellipse et quelquefois en parallélogramme. On croit que c'étaient ou des temples , ou des cimetières , ou des lieux de réunions ;
4^ Les alignements sont formés par une suite de peulvans sur un ou plusieurs rangs ; ils peuvent avoir servi aux mêmes fins ;
5o Les dolmens sont des espèces d'autels druidiques en forme de table, quelquefois inclinés (Slô).
6o Les allées couvertes sont des séries de trilithes rapprochés de manière h établir des galeries basses , quelquefois fort longues. On les désigne aussi sens le nom de grottes des fées . On ignore leur destination.
7o Les tumulus ( barrouw en anglais) , sont des tertres coniques , arrondis ou allongés , formés artificiellement avec de la terre ; s'ils sont en pierre, ils prennent le nom de galgals\ c'étaient des espèces de tombeaux.
8o Les j9t>rrei branlantes (316) servaient probablement à la devination ou à d'autres cérémonies superstitieuses.