‹ L'archeologue chretienou cours elementaire d'archeologie catholiquea l'usageChapitre 66 sur 112 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

2^ STATUES DES CHEVALIERS, etC.

I. Les armures apparentes des chevaliers , les seules qu'il nous importe de connaître pour Tétude des tombeaux , étaient au moyen-âge le haubert, autrement dit la cotte de mailles ou IdL jaque de mailles;lB. cotte d'armes;^ le heaume ou casque et le bouclier.

La cotte de mailles était une espèce de tunique composée de chaînons ou de petits anneaux de fer , et descendant jusqu'aux genoux.

La cotte d'armes qui se plaçait sur le haubert était en drap très-fin ou môme en étoffe de soie , d'or ou d'argent , ordinairement ornée des armoiries du chevalier, lorsque les armoiries furent en usage. Elle n'avait pas de manches et descendait jusqu'aux genoux comme la cotte de mailles; quelquefois, cependant, elle était plus longue.

Le heaume était un casque solide et ordinairement complet. Les principales parties du heaume étaient la calotte ou timbre qui couvrait tout le dessus de la tête ; la crête , bande de métal plus ou moins élevée, dominant et fortifiant le milieu du timbre , de devant en arrière ; le cimier placé comme ornement au-dessus de la crête, ayant souvent la forme d'un animal effrayant, réel ou fantastique ; la visière, partie plus ou moins

saillante» mobile ou immobile» destinée à protéger le visage. Les lambrequins , espèce de bandes d'étoffes ou de rubans de diverses couleurs, servant à attacher au cimier, des plumes, des aigrettes, des crins, etc.

Au lieu du heaume proprement-dit, les chevaliers portent quelquefois sur leurs tombeaux , un armet^ espèce de casque plus léger que le heaume, ou bien un simple bonnet de mailles qui leur environne la tête et le col, et fait partie du haubert. D'autrefois, ils ont la tête couverte de la salade, autre casque fort simple, n'ayant souvent pour visière qu'une grille ou de petits trous ; pour le mettre il fallait passer la tête pardessous, etc.

II. La cotte de maille a été en usage jusque vers le xiv« siècle. D'abord on l'employa seule ; mais vers le xiii® siècle, on y ajouta des cuissards , des jambières et des gantelets , également en mailles de fer. Vers la fin du xiv« , on commença à l'abandonner pour prendre une armure plus complète, toute en fer pleinou en plaques d'acier solidement reliées entre elles et couvrant tout le corps.

Au XVI* siècle , on rencontre quelques armures en plaques métalliques disposées en écailles de poissons ; ce qui les rendait plus commodes et plus souples.

Enfin , sous Louis XIV on abandonna à-peu-près complètement ces armures en métal , si lourdes et si embarrassantes ; à peine conserva-t-on la cuirasse et le casque pour certains corps de l'armée.

Le bonnet de mailles, le heaume cylindrique , ou la salade » visière immobile furent en usage jusqu'au iv« siècle. Une espèce de casque conique et sans visière, qui n'avait pour protéger le visage et la nuque qu'une plaque de métal prolongée , par devant , sur le nez , et par derrière sur le col , était également assez commun aux xi® et xii® siècles. Au xv® , le casque reçoit une transformation. La visière devient mobile et peut s élever et s'abaisser à volonté ; le gorgerin cesse d'être d'une seule pièce et devient plus étroit ; il s'ouvre en deux pour laisser passer la tête, et l'on n'est plus obligé de l'enfoncer pardessous , comme on faisait auparavant.

Les éperons, jusqu'au xv® siècle, consistaient en de simples broches ou pointes de fer , longues, simples ou composées , et fixées fortement à la chaussure. Mais , dans le cours de ce

siècle , les pointes sont remplacées par des roues ou des molettes à peu près semblables à celles d'aujourd'hui (*).

Les boucliers les plus anciens sont généralement ronds. Il y en eut cependant de carrés , d'ovales , etc. Vers le xiii* siècle , on en rencontre qui prennent une forme triangulaire ; ils sont encore grands et allongés ; mais , à mesure que l'on avance vers le xv« siècle , ils deviennent plus petits et finissent par n'avoir guères que 32 centimètres sur 46. Ils sont le plus souvent en forme de cœur ou de triangle comme les écus des armoiries. Il y en a cependant encore d'ovales, en losange, etc. (**).

III. I.es chevaliers qui s'étaient croisés, étaient représentés sur leurs tombeaux , ayant les jambes croisées l'une sur l'autre.

Les chevaliers morts vainqueurs sur les champs de bataille , ont l'épée au poing , le casque en tête et un lion vivant aux pieds.

Ceux qui avaient eu le malheur d'être vaincus , sont sans cotte d'armes , les mains jointes et les pieds sur un lion abattu.

Ceux qui étaient tombés entre les mains de l'ennemi et étaient morts dans la captivité , n'avaient ni casque , ni cuirasse , ni épée , ni éperons; quelquefois leur tombeau était couvert d'une grille , symbole de leur captivité.

Ceux qui mouraient pendant la paix, avaient la tête découverte, les yeux fermés et un lévrier sous les pieds , etc.

Les Templiers faisaient sculpter sur leurs tombeaux, un calice entre deux flambeaux allumés. Les autres ordres religieux et militaires avaient leurs insignes, la croix de malte , la toison d'or, leporc-épic, etc., etc.

("^ 1 D'après Alexandre Lenoir , les éperons à molettes remonteraient aa xiiie siècle.

[**) Dans les armoiries , l'écu en losange est réservé aui femmes , et l'écu carré aux chevaliers bannerets, c'est-à-dire qui avaient droit de porter une bannière. Les écus surmontés du timbre et supportés' par des tenants, c'est-à-dire par des génies, des anges, des hommes, des animaux, etc., ne datent que du xv« siècle. L'écu de France ne porte trois fleurs de lys que depuis Charles V ; avant, il en avait davantage.

Les Cordelières , à nœuds , autour des écus des veuves et des demoiselles datent également du i\^ siècle.

Le faucon sur le poing, ou un gant pendu à la ceinture désignent le droit de chasse.

Les entrailles entre les mains de la statue marquent que les entrailles seules du mort sont renfermées dans ce tombeau et que le corps est ailleurs.

Nota. — 1° Les règles que nous venons de donner n'ont pas toujours été observées par les artistes ;

2° Pour l'étude des tombeaux comme pour l'étude de l'archéologie en général , le blason serait d'une grande utilité ! Il est donc à désirer qu'on étudie au moins les éléments de cette science ; il en a paru un bon traité élémentaire dans la collection de Mame , à Tours , in-8*'.

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